Bordj Omar Driss (Illizi) : A quand la réouverture de l’aéroport de Fort Flatters ?

Elwatan; le Mercredi 8 Octobre 2014
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Bordj Omar Driss, la porte du Tassili, anciennement Temassinine, renommée Fort Flatters durant la période coloniale, se situe à 700 km au nord d’Illizi (ex-Fort Polignac). Cette merveilleuse ville fut pendant la période coloniale, la ville la plus accomplie du Tassili N’Ajjers du nord. Son aéroport desservait, autrefois, Paris ! Témoignage du passé déchu d’une ville hautement stratégique, délaissée à présent.

Petit voyage dans le temps !

«La construction de pistes aériennes débuta, au Sahara, à partir des années 1930…La première correspond aux années 1930-1955, durant laquelle les créations de pistes répondaient à une logique géostratégique  de maillage du territoire comme en témoignent la création des pistes de Fort Flatters, en 1930». Le passage est tiré  de l’ouvrage de Yaël Kouzmine ‘Le Sahara algérien: intégration nationale et développement régional’.

En plus des appareils des lignes civiles et militaires desservant Fort Flatters, des avions des détachements du GOM 86 et du GSRA 76 et le DH 89 Dragon de la CEP (Compagnie d’exploration pétrolière), Fort Flatters a connu les mouvements des appareils des sociétés civiles œuvrant dans le domaine du transport à la demande, du taxi aérien, et ceux des militaires des diverses unités opérant en Algérie dans le cadre des opérations de maintien de l’ordre.». Une ligne postale militaire Alger-Ouargla-Fort Flatters a également été exploitée du 21 septembre 1939 jusqu’en juin 1940 afin de desservir les postes voisins algéro-tunisiens.

Le 11/10/1954, Air France a inauguré la ligne Alger-Ouargla-Fort Flatters-Fort Polignac, en DC-3. Après le déclenchement de la glorieuse guerre de libération nationale, le trafic aérien à l’aérodrome de Fort Flatters est devenu régulier, notamment après la création du détachement de terrain opérationnel DTO 48/540, dépendant administrativement de la base aérienne 215 de Ouargla, pour renforcer les moyens de l’Armée de l’Air en place.

Après l’indépendance, l’aéroport est resté fonctionnel assurant la liaison Alger-Ouargla-Fort Flatters-Fort Polignac, Djanet et Tamanrasset jusqu’en 1967 où il a été fermé quand un Douglas DC-4 s’est crashé à Tamanrasset, entraînant le décès de 39 personnes,. Seul un avion d’évacuation sanitaire d’urgence y est resté jusqu’en 1978. Bordj Omar Driss constituait dans le temps le début du couloir international qui passait par El-Oued puis Constantine pour regagner les eaux internationales à partir d’Annaba.

Bordj Omar Driss, l’enclavement d’aujourd’hui

Pour ceux qui ne connaissent de Bordj Omar Driss que le nom ou peut-être pas, il s’agit de la porte du Tassili. Elle se trouve de nos jours dans un enclavement qui ne dit pas son nom. La commune dispose, paradoxalement, d’une seule polyclinique relevant de l’EPSP d’In Amenas, à 500 km !  Les patients sont condamnés à une souffrance extrême, à l’époque, leur évacuation médicale se faisait par vol, aujourd’hui, ils sont contraints de parcourir  d’immenses distances pour rejoindre l’EPSP d’In Amenas, à 500 km, ou l’EPH du chef-lieu de wilaya, à 700 km, ou encore celui de Djanet, à 1100 km ! Obligeant ainsi le patient à supporter ses douleurs tout au long de ce parcours !

La souffrance des enfants, des femmes, des parturientes et des personnes âgées est extrêmement délicate surtout lors de situations d’urgence vitale, dans lesquelles l’accès à des soins urgents est primordial pour préserver des vies. Une convention de jumelage entre les établissements hospitaliers de la wilaya d’Illizi et le CHU Hassani Isaad de Beni Messous, institutionnalisée par le ministère de tutelle en mars dernier existe bien, elle est sensée encadrer l’évacuation des malades de cette wilaya vers le nord du pays mais les urgences médicales restent la grande plaie de la région.

La réouverture de l’aéroport de Fort Flatters à la navigation aérienne est devenue une nécessité absolue pour la population locale de Temassinine, qui ne cesse de réitérer cette vieille demande aux plus hautes autorités de l’Etat, par le biais de leurs représentants à l’APN et au Sénat. La  réouverture de la desserte aéroportuaire contribuera activement, non seulement, à l’amélioration de l’évacuation médicale et la fixation durable de la population dans leur milieu d’origine, mais très certainement, à assurer un bon redémarrage économique, commercial, social, culturel et touristique dans cette merveilleuse oasis saharienne du Tassili N’Ajjer.

Categorie(s): actu sud

Auteur(s): Bouda Brahim

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