Campagne oléicole à Béjaïa : sous de bons auspices

Elwatan; le Dimanche 23 Decembre 2012
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La campagne oléicole 2012/2013 s’annonce prometteuse à Béjaïa, selon la direction des services agricoles qui prévoit une cueillette d’olives de l’ordre de 900.000 quintaux, représentant une jauge d’huile d’olive de plus de 16 millions de litres.
Ces prévisions ont été établies sur la base des rendements obtenus dans les zones du littoral oriental (Aokas, Souk El Tenine) et en basse Soummam (El Kseur, Amizour, Sidi Aich), où après 15 jours de mise en production, les résultats obtenus s’avèrent probants. 1,5 million de litres d’huile d’olive a été recueilli sur un espace traité estimé à 8 000 hectares, avec des rendements établis à 19-20 litres par quintal.

Ce qui laisse augurer des perspectives plus colorées avec l’entrée en production de la haute Soummam (Tazmalt, Seddouk, Akbou) qui de loin concentre l’essentiel du verger oléicole local, sa proportion étant évaluée à plus de 70% . Ce niveau de production, le meilleur de ces trois dernières années, (en 2011/2012, il n’a été réalisé que 10 millions de litres) sans en être un record (Béjaïa ayant par le passé atteint des jauges de plus de 20 millions de litres), est jugé de nature à induire la baisse du prix du litre d’huile d’olive, lequel se négocie actuellement, en fonction de la qualité proposée, entre 500 et 600 dinars, que d’aucuns jugent hors de portée des bourses moyennes.

«La baisse des prix va accroître la consommation d’huile, qui contrairement au cliché reçu reste faible, à peine 12 litres par personnes et par an», indique-t-on de même source, qui espère «remettre l’huile d’olive au cœur des habitudes culinaires de la région».Béjaïa, considéré comme le premier bassin oléicole national avec une superficie de plus de 51 000 hectares et 4,3 millions d’arbres, soit quasiment l’équivalent d’un parc d’un pays comme la France, ne produit pas pour autant en quantité, ni en qualité suffisante pour abonder dans ce sens. Outre, des jauges modestes, rapportées au niveau des consommations souhaitées, l’option de l’amélioration de ses qualités gustatives et nutritives peine à prendre son envol. «La part de l’extra vierge est marginale, celle de la vierge modeste seule domine l’huile lampante» déplore un producteur de Seddouk, visiblement effaré par l’ampleur des huiles «contrefaites», mises impunément sur le marché, et qui dissuadent, y voit-il, ses pairs «à faire l’effort requis».

Et pourtant, la particularité de cette campagne tient justement dans le mot d’ordre général de hisser vers le haut cette filière, qui pêche par son manque d’organisation professionnelle (absence de coopératives) et par ricochet, des repères suffisants pour établir les labels ou tout au moins les normes de qualité. Y parer…tel est l’enjeu.
 

Categorie(s): bejaia

Auteur(s): A. Semaoun

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