Carnet de route en Haïti

Elwatan; le Vendredi 10 Fevrier 2012
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Port-au-Prince à terre ? Oui mais vivante, vibrante. Déjà se donne le coup d’envoi du festival international de jazz, rendez-vous couru par les plus grands, venus de Miami, toute proche, Cuba, la voisine, et de plus loin encore, d’Europe et d’ailleurs. Et ce n’est pas fini, car le festival Etonnants Voyageurs Haïti s’est tenu du 1er au 4 février. Puis ce sera le carnaval, une institution aussi vieille que la République. Port-au-Prince à terre ? Oui certainement mais les galeries d’art, nombreuses, rivalisent de propositions artistiques de grande qualité.

C’est le cas de la galerie Monnin, à Pétion-ville, de celle qu’on surnomme La Perle, de son vrai nom Pascale Monnin, épouse du poète James Noël. Plasticienne, utilisant le pinceau et l’argile, elle expose la richesse de l’art haïtien, incroyablement riche et diversifié. Port-au-Prince à terre ? Oui, oui, c’est vrai. Au ras du sol. Chaussées déformées, égouts béants, signalisation inexistante, circulation dantesque. Oui tout cela est vrai. Mais «je ne suis pas effondré», affirme le poète kamikaze James Noël.

Haïti ne s’est pas effondrée, donc partons en province découvrir le pays mythique. Direction le sud, vers Port-Salut, à cinq six heures de route de la capitale. Le choc ! Les vieux sont invisibles, il y en a, bien entendu, mais les enfants et les adolescents, en uniformes de même couleur, qui sortent des écoles dans les villages traversés, marchant à pied au bord des routes ou empruntant les tap tap – ces transports collectifs bariolés – ces enfants et ces adolescents sont si nombreux que le mot advient : c’est un peuple d’enfants ! Un pays jeune, très jeune.

A mesure que l’on avance à l’intérieur du pays, l’apaisement est réel. Une impression de sérénité. Alors bien sûr, la pauvreté est là, elle ne se vit pas comme un malheur. Elle est tout à la fois admise et contournée, car le pays vit de sa diaspora, 2 millions d’Haïtiens vivent à l’étranger et transfèrent l’argent à leurs familles restées au pays. Miami est leur refuge – un Haïtien peut y aller passer son permis, légalement et en créole ! New York, bien sûr, ville du célèbre groupe de musique The Fugees, haïtien, ne l’oubliez pas ! A Montréal où vivent nombre d’écrivains dont Dany Laferrière, prix Fémina en France il y a deux ans avec L’énigme du retour. Paris aussi est haïtienne, ville de résidence du grand bonhomme Louis-Philippe Dalembert.
                                                                                                          

                                                                                                               A suivre…

Categorie(s): culture

Auteur(s): Yahia Belaskri

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