Centres de santé et laboratoires d’analyses médicales : l’insalubrité est criante, trop criante !

Elwatan; le Jeudi 20 Decembre 2012
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Le dossier de la santé est lourd et compliqué. Outre la facture salée de la prise en charge des malades, c’est tout un dispositif qui mérite attention et contrôle rigoureux. Les malades sont les premiers à dénoncer le manque d’hygiène dans les hôpitaux, les polycliniques et les laboratoires dans le public comme dans le privé.
Pour plus d’informations officielles, nous nous sommes rendus à la Direction de la santé et de la population d’Oran, mais le SG a refusé de répondre à nos questions, alors que la «responsable de la cellule de communication est en réunion», nous dit-on.

Concernant le volet réhabilitation de l’infrastructure, il a fallu 41 milliards pour réhabiliter seulement le service médico-légal où les travaux ont duré trois mois. Le service était un vrai mouroir avec une capacité de 16 places pour les cadavres et trois tables d’autopsie dans un état lamentable. Ainsi, on constate que le CHU, une infrastructure datant de l’époque coloniale (depuis 1889), nécessite une enveloppe financière colossale pour la réhabilitation de ses différents services. En ajoutant à cela un effectif de 6 000 salariés à gérer, la tâche paraît insurmontable. «L’hygiène est insuffisante mais  il y a un léger mieux», confie un malade.

D’autre part, plusieurs personnes ont affirmé que les analyses des structures sanitaires publiques ne sont pas toujours fiables : «Oui ! J’ai reçu des analyses différentes d’un laboratoire à un autre», révèle un jeune patient. De son côté, un infirmier d’une longue expérience a affirmé que l’incompétence de certains paramédicaux fausse les résultats : «Des fois, nous travaillons sans gants. La salle des analyses doit être désinfectée régulièrement et fermée pendant au moins un mois. La demande est tellement forte qu’il est difficile de fermer le laboratoire», avoue l’infirmier. Qui contrôle les laboratoires privés ? Nous n’avons pas pu avoir de réponses à la DSP.

Les malades et certains professionnels sont catégoriques : «Le privé ne pense qu’à l’argent en matière de santé. Mais, il y a des laboratoires de grande qualité», fait savoir un laborantin. Au CHU, beaucoup de contraintes renforcent le manque d’hygiène, l’insalubrité et la mauvaise prise en charge des malades. Les risques d’épidémie et de contagion sont grands, vu la pollution de l’environnement. Ce constat amer n’est pas le propre du CHU d’Oran mais plusieurs établissements subissent la même situation, à en croire les patients rencontrés.

De son côté, la direction du CHU a mis le paquet en mettant une équipe complète pour améliorer l’hygiène et a pu réceptionner plusieurs appareils de pointe, surtout la table numérique estimée à 5 milliards de centimes sans oublier l’achat d’un banalisateur pour 7 milliards de centimes pour les déchets hospitaliers toxiques. Grâce à la vapeur de la chaleur, il élimine la toxicité des déchets. A noter que des efforts considérables sont consentis. Lors de notre visite, nous avons constaté que différents travaux de réhabilitation sont en cours d’exécution au CHU. Qu’en est-il pour les autres établissements publics et privés ? 

Categorie(s): oran

Auteur(s): Noureddine B.

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