Cité Diar El Baraka à Baraki : un «ghetto» à l’épreuve de l’hiver

Elwatan; le Mercredi 19 Decembre 2012
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La cité Diar El Baraka, située dans la commune de Baraki, est l’une des principales agglomérations précaires de la capitale.
Composée de plus de 500 habitations datant de l’ère coloniale, cette cité est devenue, au fil des ans, un véritable ghetto. Un qualificatif que les résidants, rencontrés sur les lieux, ont tenu à confirmer.«Cette cité est marginalisée par tous les maires ayant siégé à l’Assemblée communale. Celui dont le mandat vient de se terminer n’a jamais mis les pieds dans ce quartier», raconte un père de famille.
«Je parie qu’il ne sait pas où se trouve exactement Diar El Baraka», a-t-il ironisé. D’ailleurs, accéder à cette cité n’est pas toujours facile, en particulier en temps de pluie. «L’inexistence de bitume et la boue finiront par dissuader des responsables habitués au tapis et à la dalle de sol», ajoute, souriant, un autre citoyen.

Selon lui, les responsables justifient leur laisser-aller par la promesse d’un relogement qui tarde à venir. «Nous avons à maintes reprises demandé le branchement en gaz naturel et une couche de bitume, la réponse a toujours été la même : il ne sert à rien de dégager des budgets pour une vieille cité, dont les résidants seront prochainement recasés.»
Les habitants, ne voyant rien changer, affirment qu’ils en ont marre d’attendre. Avant le mois de Ramadhan dernier, ils avaient bloqué la route et organisé un rassemblement devant le siège de la daïra.

«Au début, ils avaient refusé de nous recevoir. Face à notre colère, une délégation a été reçue et une énième promesse de relogement nous a été donnée», raconte-t-on. Mais l’hiver est déjà là, avec ses contraintes et ses désagréments, sans que ces familles bénéficient des logements promis. La saison hivernale, a-t-on constaté, a toujours mis les résidants en état d’alerte. La défaillance des toits, la vulnérabilité des murs et l’état défectueux du réseau d’assainissement en sont les causes principales.
Pour éviter les infiltrations des eaux pluviales, des bâches appuyées par des pneus usagés et des parpaings ont été installées sur les toits des immeubles.

Une astuce qui s’avère souvent inopportune, notamment face aux grands vents. Pis encore, l’obstruction des réseaux d’évacuation fait que la cité se transforme en une véritable «piscine» à chaque averse. «Aux grandes pluies, c’est toute la voie principale qui devient impraticable, les mares d’eau et la gadoue rendent la circulation impossible, les enfants et les personnes âgées sont les premiers pénalisés», indique un autre habitant.

Il est à préciser, par ailleurs, qu’une vingtaine de familles a été déjà relogée. «Nous avons cru que l’opération touchera tous les habitants, et que la démolition du quartier était imminente, mais toujours rien», souligne notre interlocuteur. En attendant, les habitants demandent un minimum d’attention de la part des autorités publiques.
«Qu’ils daignent au moins passer ramasser les ordures ménagères. Depuis plusieurs mois, les services de collecte font semblant de nous oublier…», s’indigne un autre résidant.

 

Categorie(s): alger

Auteur(s): Djamel G.

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