Collège Abderrahmane Boussaa à Bir Mourad Raïs : Une grève pour dénoncer les mauvaises conditions

Elwatan; le Mercredi 8 Fevrier 2012
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Des établissements de l’Algérois souffrent du manque de commodités : les appareils de chauffage ne sont pas disponibles et quand ils existent, ils ne peuvent être mis en service en raison de l’absence d’un réseau de gaz. Cette situation, fréquente dans la périphérie de la capitale, est aussi ressentie dans des établissements situés à peine à quelques kilomètres du centre-ville. A Bir Mourad Raïs, au collège Abderrahmane Boussaa, les enseignants confrontés au manque de commodités ont décidé de débrayer durant deux jours. Les protestataires refusent d’assurer, depuis lundi, les cours pour dénoncer les conditions d’exercice de leur métier. «La situation d’abandon dans le collège dure depuis 2005. Malgré les réclamations répétées des enseignants, la situation est restée inchangée. Demain (aujourd’hui) nous organiseront une assemblée générale pour décider des nouvelles mesures à prendre», relève la responsable de la section syndicale de l’Unpef.

Dans une correspondance adressée aux différentes autorités du secteur et dont nous détenons une copie, le syndicat des enseignants dénonce la mauvaise gestion de cet établissement abandonné «alors qu’il se trouve, assènent-ils, à quelques mètres de la Présidence». Les griefs retenus sont importants dans cette école qui manque presque de tout. «L’école souffre des infiltrations d’eau dans les classes où se forment des flaques d’eau. Les enseignants et les élèves ne peuvent de ce fait y accéder. Les classes se transforment en chambres froides, en raison d’une panne du chauffage central. Les carreaux cassés laissent entrer le vent froid. Même les portes endommagées ne sont jamais réparées. L’hygiène est absente dans l’école qui ne dispose que de trois agents de nettoyage», peut-on lire dans la lettre des enseignants de cet établissement de plus de 800 élèves.

Le problème des perturbations dans l’alimentation en eau est aussi mis en avant par des enseignants contraints de s’intéresser à des problèmes qui sont du ressort de la direction de l’établissement. «L’établissement cumule des dettes de plus de 100 millions. La Seaal a coupé l’alimentation en eau à l’établissement durant 23 jours. Les élèves ne trouvaient pas d’eau dans les sanitaires qui sont devenus infects. Ce sont les enseignants qui ont fait une quête pour ramener des citernes», signalent les syndicalistes. Les protestataires affirment que le problème de l’établissement est identifié : la mauvaise gestion. «Le directeur nous répète la même rengaine. Il nous a maintes fois assuré que des correspondances ont été adressées à la tutelle, particulièrement la direction de l’éducation Ouest, dont dépend l’école, sans réussir à la faire réagir. Mais cette administration ne fait rien pour changer les choses», soutient la responsable de la section syndicale de l’Unpef.

Une commission de la wilaya déléguée a été envoyée hier  à l’établissement. «La wilaya déléguée de Bir Mourad Raïs ne peut pas s’occuper convenablement des problèmes de l’établissement. Seule la direction de l’éducation est habilitée à changer les choses. D’ailleurs, dans notre envoi, nous avons expressément réclamé une commission d’enquête», signalent les enseignants qui menacent de monter au créneau avec de nouveaux mouvements de protestation. Contacté par nos soins, le responsable de la direction de l’éducation Ouest déclare être occupé.

Categorie(s): alger

Auteur(s): Nadir Iddir

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