Colloque international les routes de la foi à Constantine : «Celui qui milite pour la justice est sur la voie divine»

Elwatan; le Mercredi 19 Decembre 2012
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L’objectif du colloque international (9ème édition), intitulé «Les routes de la foi», initié par le Centre national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques (CNRPAH), sous le patronage du ministère de la Culture, est d’instaurer une tradition scientifique –dans la mesure où la théologie est l’étude scientifique des textes religieux-, et réhabiliter le message coranique dans sa dimension universelle, en ce sens où celui-ci est porteur de valeurs profondément humanistes.

Trente pays de diverses régions du monde participent à cet évènement, qui s’est amorcé hier, - et jusqu’au 21 du mois en cours-, à l’hôtel Novotel de Constantine, sous le thème «Soufisme et théologie de la libération». Des conférenciers du Maghreb, d’Afrique, d’Europe, du subcontinent indien, d’Asie centrale, du Canada, du Proche et Moyen Orient, d’Arabie…se relaieront durant quatre jours pour livrer à un public initié (essentiellement formé par des membres de confréries et autres exégètes), des communications autour de ce thème.
A titre illustratif, non exhaustif, nous transmettons au lecteur certains intitulés de conférences: «Soufisme et patriotisme» (Kurdistan), «Soufisme et justice» (Maroc), «Unité de l’existence et Unité d’action dans le soufisme» (Algérie, Tlemcen), «Le soufisme en Chine du nord-ouest» (France), «Liberté divine, liberté humaine et Tawhid métaphysique» (Belgique), «La Nature coranique et ses caractéristiques dans le vocabulaire technique soufi» (Italie)…

Le Pr. Dr Zaïm Khenchelaoui, chercheur anthropologue au CNRPAH, évoquera, en marge des conférences, d’autres aspects de ce colloque, dont il est l’organisateur (sous la direction de Slimane Hachi, responsable du CNRPAH) : «Nous voulons sauvegarder, préserver ce patrimoine immatériel qu’est le soufisme dont l’Algérie est l’un des berceaux; notre pays est essentiellement soufi de tradition. Le soufisme est l’islam vivant, il n’a rien à voir avec l’idéologie sclérosée, intolérante, extrémiste qui est véhiculée aujourd’hui ; la preuve est que dans ce colloque se côtoient musulmans et non musulmans, loin de tout prosélytisme.»

Ce sont, précise-t-il, les valeurs universelles prônées par le soufisme qui les rassemblent, comme la justice, la liberté, la paix, l’amour du prochain, l’action commune salutaire pour l’humanité entière…  «En vérité, poursuit-il, celui qui milite pour la justice est sur la voie divine ; il n’y a pas de non-croyants, car, selon un précepte soufi, celui qui cherche la beauté est croyant, celle-ci étant le reflet du divin». Notre interlocuteur, qui s’est spécialisé dans l’anthropologie des religions, constatera que même le bouddhisme zen (Japon), présente, à bien des égards, des similitudes avec le soufisme au plan technique contemplative et de position, de méditation, de jeûne, de silence pénitentiel, etc.  « C’est aux pauvres, aux exclus, aux opprimés et aux vulnérables que la théologie de la libération tend à rendre espoir et dignité», a-t-il conclu.
Des concerts soufis, du genre aïssaoua, et madih (malouf) sont également prévus durant la première soirée et celle du 20.
 

Categorie(s): constantine

Auteur(s): Farida Hamadou

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