Concert d'Abdoulayé Cissé à Tamanrasset : Une cure d’afrobeat sous la lune du Sahara

Elwatan; le Lundi 18 Novembre 2013
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Tamanrasset.
De notre envoyé spécial

Une petite tempête d’afro-beat a soufflé,  samedi soir, au campement de Tedsi, 8 km au nord de Tamanrasset, à la quatrième soirée du 4e Festival des arts de l’Ahaggar qui se termine aujourd’hui. Le Burkinabé Abdoulayé Cissé a débarqué avec armes et bagages pour inviter le jeune public à se mêler à une ambiance mandingue sous la lune du Sahara. En bambara, en moré, les paroles fusaient comme des étincelles d’étoiles et la percussion endiablée, comme le veut si bien la tradition africaine, ont emporté les présents vers les rivages ouest du continent dans une parfaite fusion musicale. Accompagné de son fils, Ahmed, chanteur et «allumeur» de feu, Abdoulayé Cissé, qui animait son premier concert dans le Sud algérien, a interprété une douzaine de chansons de son riche répertoire nourri en 43 ans de carrière. A chaque fois, il marquait une halte pour s’adresser au public. «Je vais vous parler de l’histoire de Mamadou, l’enfant têtu.

Il veut tout faire, mais ne veut pas travailler à l’école», a-t-il lancé, avant d’interpréter une chanson satirique racontant l’histoire d’un père indigné devant le comportement de son fils. «Avec la bouche et la parole, on peut tout faire. Faire du bien ou faire du mal. On ne doit pas faire du mal et se dire bonjour tous les matins», a-t-il ajouté. Après un coupé-décalé malien et sénégalais bien inspiré, Abdoulayé Cissé a proposé un joli morceau salsa aux présents. «Viva Algeria», lance plus loin Ahmed Abdoulayé, sans doute pour rappeler que l’Algérie et le Burkina Faso doivent s’affronter, ce mardi, pour un match qualificatif à la phase finale de Coupe du monde de football prévue au Brésil. «J’ai un bon pronostic. On va gagner bien sûr ! Un match nul nous suffit. C’est une mission impossible, mais réalisable», a déclaré Abdoulayé Cissé aux journalistes avec beaucoup d’humour. «Nous, nous ne voulons pas gagner le match.

Nous voulons juste couper la poire en deux, faire un match nul ! C’est la première fois dans l’histoire que le Burkina arrive à ce niveau de la compétition...» «Laissons-nous rêver», a repris son fils, Ahmed Cissé. «Sur scène, on est des potes, mais à la maison, il devient mon papa, il m’inspire et je l’inspire. Nous avons la même manière de voir les choses», a-t-il ajouté plus loin. Abdoulayé Cissé, ancien animateur radio et enseignant de formation, a regretté que les pères africains ne maîtrisent plus l’éducation de leurs enfants. «Il y a la rue, la télévision et l’internet que l’on ne contrôle plus. L’échec à l’école n’est pas forcément lié au rêve de partir ailleurs que portent les jeunes Africains .

L’avenir des jeunes Africains est de plus en plus sombre», a-t-il souligné. Selon lui, les situations politiques et économiques des pays africains poussent les jeunes à quitter le continent. Abdoulayé Cissé considère la musique comme le plus beau métier du monde. «Nous avons choisi de chanter pour changer le monde. Je suis à Tamanrasset grâce à la musique. Je ne connaissais rien de cette région», a-t-il affirmé. Le chanteur et saxophoniste camerounais Manu Dibango est pour lui un grand frère. Gaâda Diwane Béchar est monté en dernière partie de soirée pour interpréter des chansons connues de son répertoire comme Dib Al ghaba, Amine, amine, Gomari Jilala, Benbouziane.
 

Categorie(s): culture

Auteur(s): Fayçal Métaoui

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