Constantine capitale de la culture arabe : La thèse et l’antithèse

Elwatan; le Mercredi 8 Octobre 2014
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Plus de 60 milliards de dinars, deux ministres, deux walis, trois commissaires, des partisans et des détracteurs, le tout sur fond d’opacité totale quant à l’évolution des préparatifs inhérents à la manifestation de 2015. En somme, ce rendez-vous événementiel constitue l’axe principal autour duquel tourne 24 heures sur 24 la planète Constantine pour que cette ville antique soit prête à accueillir ses invités sans avoir à en rougir. Le pari est-il pour autant gagné ? A six mois du lancement officiel de la manifestation «Constantine capitale de la culture arabe», la manifestation suscite bon nombre d’interrogations et autant d’inquiétudes sachant que pas mal de projets en voie de réalisation accusent un retard certain sur les prévisions initiales.

Du coup, la pression est grande et inévitablement la course dans la précipitation à l’achèvement des travaux impactera la qualité. Pourtant le temps ne manquait pas et  l’argent non plus. L’Etat a alloué une enveloppe plus que généreuse pour que les projets jugés nécessaires pour le bon déroulement de cet événement soient achevés conformément aux délais impartis. Malgré cela, l’on assiste à des retards tous azimuts, des projets confiés de gré à gré loin de toute transparence. Comment la cagnotte débloquée pour 2015 est-elle réellement gérée? Par qui et comment? Les travaux engagés ont engendré un véritable embrouillamini.

Dans ce chantier grandeur nature qu’est devenu la ville de Constantine, entre réfection d’immeubles et de trottoirs, construction de nouveaux édifices, réhabilitation, colmatage et rénovation – les adjectifs ne manquent pas- l’on ignore finalement qu’elle rôle est assigné aux élus locaux ou encore au wali de Constantine. Ont-ils un droit de regard sur les modalités liées à l’octroi de projets aux nombreux entrepreneurs «recrutés» pour l’occasion et dont la plupart sont issus en dehors de la wilaya de Constantine, d’Alger particulièrement ?

Un modus operandi discutable

Par ailleurs, depuis la désignation de Constantine pour accueillir la manifestation en mars 2013, des changements ont été opérés à la tête du ministère de la Culture et de la wilaya de Constantine. Il y a eu également remplacement des deux premiers commissaires désignés pour suivre le bon déroulement des préparatifs. Forcément, l’on s’interroge si «l’esprit» originel conféré aux projets de 2015, est respecté par les différents successeurs, chacun à son niveau, d’autant qu’il y a un manque de communication criant de la part de ces derniers. Les visites d’inspection sont légion, certes, mais point de bilan, ne serait-ce que mensuel, visant à éclairer l’opinion publique et la presse, d’autant que cet événement fait partie actuellement de l’air qu’ils respirent, car cet air pollué, chargé de particules de ciment et de gravats le leur rappelle quotidiennement.

Cela étant, il serait toutefois inconvenant de ne pas relever qu’au-delà du modus operandi plus que discutable conféré à cette «joute» culturelle, certains projets en cours constituent une opportunité certaine pour la ville des ponts d’émerger de sa torpeur. Le Zénith et la salle des expositions, notamment, sont perçus comme une réelle expérience qui favorisera l’adéquation de l’antique Cirta avec les standards caractéristiques des grandes agglomérations.  

Pour résumer le tout, il est patent que les 365 jours de 2015 sont d’ores et déjà intensément vécus et commentés. Partisans et détracteurs se disputent jusqu’à la pertinence de cet événement. Mais point de contributions et encore moins de polémique argumentée !
Quant à l’université, la tête pensante de la société, elle reste étrangement loin ou éloignée de cette manifestation. Pourtant, la quintessence de ce rendez-vous implique des débats en amont…
 

Categorie(s): constantine

Auteur(s): Lydia Rahmani

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