Crise financière de la Zone euro : Le FMI presse les Européens

Elwatan; le Lundi 17 Mai 2010
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Taxe sur les institutions financières, contrôle des fonds spéculatifs, révision du système des agences de notation. Les projets des Etats ne manquent pas, mais les progrès sont encore lents.
Hier, Dominique Strauss-Kahn, directeur général du Fonds monétaire international (FMI), a regretté le retard de l'Union européenne (UE) dans la gestion de la crise grecque. «Je suis convaincu que si le problème avait été géré en février, le coût aurait été moins important. Mais cela a pris trop de temps», rapporte AFP, citant une interview publiée dans le quotidien grec Ethnos. Ce retard est dû au fait que «les Européens n'ont pas l'habitude de gérer des situations pareilles». L'UE a dû mettre sur pied un dispositif d'aide à la Grèce de 110 milliards d'euros sur 3 ans, associant les Etats européens et le FMI. Nombre d'experts ont pointé du doigt certains milieux politiques et financiers.

Ces derniers continuent, selon eux, de se rejeter la responsabilité dans la crise de la zone euro afin de masquer leurs échecs respectifs. Les dirigeants politiques européens s'en prennent, quant à eux, aux investisseurs, les accusant de maintenir la spéculation sur les marchés.
Et la crise qui secoue la Grèce est le parfait exemple de cette volonté tacite d'aggraver la tourmente budgétaire de ce pays et de la propager à l'ensemble de la zone euro. Il y a une semaine, la chancelière allemande, Angela Merkel, avait évoqué «un combat des politiques contre les marchés», tandis que le président français, Nicolas Sarkozy, a montré ses biceps dans une volonté de «combattre sans merci» les spéculateurs qui, selon lui, «doivent savoir qu'ils en seront pour leurs frais».

Certains économistes, par ailleurs, n'ont pas manqué de prévenir contre une «chasse aux sorcières». Cette montée au créneau des responsables politiques cache mal, selon Marco Annunziata, chef économiste de la banque Unicredit, «une façon peut-être de masquer les propres difficultés des gouvernements, qui ont laissé filer leurs déficits». Face aux dissensions des pays du G20, nombre de marchés financiers échappent à tout contrôle. Les pays de la zone euro devraient attendre le prochain sommet des grands pays industrialisés et émergents, prévu en juin à Toronto (Canada), pour pouvoir accorder leurs violons. Au début du mois de mai, le cours de l'euro a brutalement dégringolé au moment où les taux d'intérêt obligataire avaient atteint des sommets. A cette date, l'UE et le FMI ont monté un plan de 750 milliards d'euros afin d'éviter une contagion de la crise grecque à d'autres Etats en difficulté.

La Banque centrale européenne est passée à l'acte en décidant d'acheter des obligations publiques afin de contribuer au refinancement des Etats. Sous l'effet de cette batterie de mesures, les marchés se sont calmés avant de retomber dans le doute. Vendredi dernier, l'euro a repris sa chute, tombant jusqu'à 1,2355 dollar, son plus bas niveau depuis le 28 octobre 2008.

Categorie(s): economie

Auteur(s): Hocine Lamriben

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