Dans différentes localités de Boumerdès : Des sinistrés toujours non relogés

Elwatan; le Samedi 22 Mai 2010
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Le 21 mai 2003, à 19h44, frappait un séisme d'une magnitude de 6,7 sur l'échelle de Richter, dévastant la wilaya de Boumerdès, une partie de la wilaya d'Alger et quelques localités de Tizi Ouzou et Blida.
Le bilan était lourd : 2300 morts (1391 à Boumerdès), plus de
10 000 blessés et 130 000 sans-abri. Un taux de 84% du parc logement de la wilaya a subi des dégâts. Pourtant, ce n'était que ce que les spécialistes appellent un «séisme modéré». Pour la seule wilaya de l'ex-Rocher noir, l'Etat a dégagé une enveloppe avoisinant l'équivalent de 1 milliard de dollars pour la reconstruction de la zone sinistrée. Sept ans après, des milliers de familles ont bénéficié de cette aide, y compris le relogement. Mais des centaines d'autres attendent encore leur relogement dans les différentes localités de la wilaya de Boumerdès. Au chef-lieu de wilaya, l'attente des sinistrés de la cité Ibn Khaldoun semble s'éterniser. En effet, le projet de reconstruction des 450 logements est à l'arrêt. Les travaux y ont été suspendus aussitôt l'aide de l'Etat – une somme de 1 million de dinars versée par la CNL au profit des sinistrés – consommée. Ayant opté pour la reconstruction dans le cadre collectif, certains sinistrés, en mesure d'achever leurs travaux, sont pris en otages par d'autres dépourvus de moyens financiers.

Si les responsables en charge du dossier justifient ce blocage par le non-acquittement de certains copropriétaires de leurs dus, les sinistrés estiment, quant à eux, que cette situation aurait pu être évitée, si l'on avait regroupé ceux qui ont tout payé dans les mêmes immeubles. A la cité du 11 Décembre, la situation des sinistrés ayant perdu leurs coopératives immobilières lors de la catastrophe n'est pas meilleure. La suspension des travaux est due, là aussi, à des problèmes financiers. Les 220 coopérants se disent dans l'impossibilité de s'acquitter de l'apport personnel s'élevant à 1 million de dinars. Cette somme doit être versée en appoint à l'enveloppe qui sera dégagée par l'Etat. A Boudouaou, dans le seul site des chalets de Benmerzouga, 28 familles sinistrées vivent encore dans ces habitations provisoires. Celles-ci ont opté pour la reconstruction individuelle. Elles ont entamé les travaux de reconstruction, mais elles n'ont pas pu aller au-delà de ce que l'aide de l'Etat leur permettait. Faute d'un acte de propriété, la banque a refusé de leur accorder un crédit à taux bonifié, tel que stipulé par la loi, devant couvrir l'écart entre le coût de réalisation des habitations et les 100 millions de centimes d'aide versés par la CNL. Dans la même localité, une dizaine de sinistrés, parmi les 18, dont 2 locataires, ne sont pas encore relogés. Après avoir opté pour la reconstruction, ils se sont retrouvés devant d'insurmontables blocages d'ordre administratif.

Ces sinistrés affirment qu'ils sont victimes d'un jeu malsain auquel s'adonnent certains responsables. Ces derniers leur créent des entraves afin de les contraindre à opter pour le relogement et récupérer ensuite le terrain d'assiette en question, sis au centre-ville, qui attise toutes les convoitises. Le point commun entre tous les cas précités est le fait qu'il s'agit de sinistrés ayant opté pour l'option de reconstruction, qu'elle soit individuelle ou collective. Une simple addition desdits cas, pour ne se limiter qu'à ceux-là, suffira amplement à démentir les propos tenus, mercredi dernier lors de son point de presse au siège de la wilaya, par le ministre de l'Habitat et de l'Urbanisme qui a déclaré à propos de l'opération de relogement des sinistrés qu'«il reste quelque 500 familles à reloger, des familles qui ont refusé d'aller dans des endroits ou des communes autres que ceux où ils résidaient avant la catastrophe».
Ceux dont parle le ministre sont d'autres sinistrés ayant opté pour le relogement. Ils ne constituent qu'une partie des victimes qui sont encore en attente. Après tant d'années de retard, le défi de reloger les sinistrés «au niveau de leurs communes respectives en moins de deux ans», dans le cadre du programme des 8000 logements, que devait réaliser l'Etat après le séisme (tel était l'objectif fixé initialement), n'a pas été totalement relevé. A Taourga, Dellys, Baghlia et d'autres communes, les programmes lancés pour le relogement des sinistrés ne sont pas encore achevés. Et on propose aux sinistrés d'aller dans d'autres communes. Ce que beaucoup d'entre eux ont refusé.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Yacine Omar

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