Début de l’enquête avec l’exhumation des têtes des moines : Trévidic au monastère de Tibhirine

Elwatan; le Mercredi 15 Octobre 2014
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Les juges français Marc Trévidic et Nathalie Poux ont assisté, sous la supervision d’un magistrat algérien, à l’opération d’exhumation des restes des têtes des sept moines assassinés en mai 1996, deux mois après leur enlèvement du monastère de Notre-Dame de l’Atlas à Tibhirine localité de la wilaya de Médéa. Des sources citées par l’APS indiquent que la délégation d’experts chargés de faire la lumière sur cette affaire 18 ans après les faits, comprend des spécialistes dont le rôle est d’effectuer des prélèvements d’ADN et des examens radiologiques comme annoncés par Le Figaro.

L’enquête identifiera les crânes exhumés et déterminera l’existence ou non d’impacts de balle et si la décapitation a eu lieu post ou ante mortem. «Parfois, des éléments scientifiques, ce n’est pas mal pour y voir clair. Franchement, j’attends que les experts nous donnent enfin des données. C’est anormal que dans une affaire criminelle de cette taille, il n’y avait jamais eu d’autopsie. Mais mieux vaut tard que jamais», disait le juge Trévidic sur la chaîne de télévision ARTE avant sa venue en Algérie. La version officielle algérienne affirme que les moines ont été assassinés par le Groupe islamique armé (GIA) qui l’avait revendiqué le 21 mai 1996.

Des voix se sont élevées ici et là-bas pour remettre en question cette version et accuser tantôt les services secrets algériens et tantôt une bavure militaire algérienne. Les familles des moines de Tibhirine n’ont eu de cesse de réclamer la vérité et toute la vérité sur ce qui s’est passé à cette époque. Aucune trace des corps des moines de Tibhirine n’a été trouvée. D’où l’intérêt des juges sur la détermination du moment de la décapitation avant ou après la mort des moines. Si la décapitation a eu lieu avant la mort, la version officielle ne souffrira pas de contradiction, si c’est après, les doutes sur la bavure militaire se confirmeront à charge de trouver des impacts de balle sur les crânes exhumés.

Dans son enquête, le juge français est tombé sur des notes de la DGSE marquées «secret-défense» et dans lesquelles les services secrets français affirmaient savoir que seules les têtes des sept moines auraient été retrouvées, et ce, cinq jours avant leur découverte.
C’est sous l’insistance du procureur général de l’ordre des cisterciens, Armand Veilleux, que les cercueils ont été ouverts en 1996 pour constater que seules les têtes étaient dedans. A noter qu’un juge algérien se rendra en France le 23 octobre pour interroger le responsable de la DGSE en poste à Alger au moment des faits ainsi qu’un ancien membre des services secrets français.
 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Nadjia Bouaricha

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