Dépréciation du dinar et inflation : nette hausse des prix à l’importation

Elwatan; le Mercredi 20 Novembre 2013
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Les effets de la tendance à la dépréciation de la monnaie nationale par rapport à l’euro ne vont vraisemblablement pas tarder à se faire ressentir sur les prix à la consommation du marché intérieur, où les multiples produits importés vont être assurément plus chers. De janvier à juin derniers, indique en ce sens le dernier bulletin de l’Office national des statistiques (ONS), repris hier par l’APS, les importations de marchandises de l’Algérie ont marqué une hausse de plus de 4% en comparaison à la même période de l’exercice 2012 (4,2% précisément) et la hausse des prix a touché, selon le même Office, la majorité des produits importés.

Ainsi, les données consolidées de l’ONS indiquent que l’augmentation des prix à l’importation demeure «importante» essentiellement pour le groupe des produits bruts, à hauteur de 10,3% et alimentaires à 8,8%, alors que la hausse aura été «de moindre ampleur» pour les équipements agricoles et industriels, soit respectivement de 2,8% et 2,4%. En revanche, les prix à l’importation des biens de consommation non alimentaires ont connu une baisse de 19,3%, au même titre que les demi-produits, dont les prix ont également reculé de 3,1% par rapport au premier semestre de 2012.

27,8 milliards de dollars d'importation

En glissement mensuel, précise encore l’ONS, les indices des valeurs unitaires à l’importation du 1er semestre 2013 ont évolué globalement à la hausse par rapport au 1er semestre de 2012, à l’exception des mois de janvier (-1,5%) et de mai (-0,1%).
Parallèlement au renchérissement des prix ainsi observé, l’Office des statistiques fait également état d’une hausse de 27% de la facture globale de l’importation durant la période considérée. Ainsi, les importations de marchandises de l’Algérie sont passées de 1751 milliards de dinars à 2225 milliards de dinars (environ 27,8 milliards de dollars), soit un accroissement de 27% en valeur durant le 1er semestre de 2013, par rapport à la même période de l’exercice précédent.

En volume, les importations ont crû de 22% durant le 1er semestre de 2013, tirées surtout par des hausses importantes qui ont concerné les matières premières, énergie et lubrifiants (141%), les équipements agricoles (53,3%), les biens de consommation (35%), les biens industriels (22,9%), les demi-produits (16,1%) et enfin les produits alimentaires (9,9%). En valeur, l’augmentation enregistrée sur le 1er semestre de l’année en cours, analyse encore l’ONS, a été essentiellement le fait de la «forte» croissance des importations du groupe «matières premières, énergies et lubrifiants» qui a connu une hausse de plus de 142% et qui a représenté 12% des importations totales du pays.

Pour leur part, les équipements industriels, qui ont représenté le tiers des importations de l’Algérie, ont vu leur facture augmenter de 25,8% à 817,5 milliards de dinars, tandis que les équipements agricoles ont évolués de 57,5% à 19,1 milliards de dinars. Plus significative encore, souligne l’ONS, la hausse de la facture alimentaire qui a atteint 19,6%, soit un montant total de 396,1 milliards de dinars pour les seuls six premiers mois de 2013.

En somme, alors qu’une part prépondérante des importations de l’Algérie, soit quelque 53% de la facture globale, provient de l’Union européenne (UE), il va sans dire que la dépréciation du dinar par rapport à l’euro, conjuguée à un phénomène d’inflation importée, va vraisemblablement induire un fort renchérissement des prix sur le marché domestique.

Categorie(s): economie

Auteur(s): Akli Rezouali

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