Des centaines de policiers rassemblés devant le palais du gouvernement à Alger

Elwatan; le Mardi 14 Octobre 2014
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Selon les sources d'El Watan, "les négociations se poursuivent encore à Ghardaia et les policiers rassemblés à Alger attendent le signal de leur collègues à Ghardaia pour maintenir le sit in ou se disperser". Le nombre de ces manifestants, en tenue, ne cesse de grandir. Près de 1000 policiers, venant de différentes casernes de la capitale, seraient actuellement en route vers le lieu du sit in.

Alors que l'on croyait a la fin du rassemblement avec la dispersion de plusieurs manifestants, peu avant 21h, de nombreux  policiers reviennent sur les lieux et reprennent leur sit-in, dans le calme et une grande organisation.

Après avoir réprimé sévèrement toutes les manifestations de rue qui se sont enchainées ces dernières années (contestation des médecins, des étudiants, des syndicalistes et différents opposants politiques), les policiers gagnent à présent à leur tour la rue pour réclamer le changement. Malgré l'interdiction de tout rassemblement dans l'espace public décidée par les autorités et que la police a vigoureusement défendue.

Ils ont été des dizaines à marcher. Ils ont parcouru, sur la bande d'arrêt d'urgence, l'auto-route menant de Bab Ezzouar vers Alger-centre, suivis d'un véhicule de service et d'une ambulance pour rejoindre le palais du gouvernement où ils tiennent un rassemblement.

Après avoir été rejoint par un groupe d'une quarantaine d'autres policiers, près du port d'Alger vers 15 heures, un autre groupe de dizaines d'autres policiers, accueilli par des applaudissements, est venu  grossir le rang des contestataires près du palais du gouvernement. Il a été suivi d'une centaine d'autres policiers, quinze minutes plus tard.

Plus tôt, à  leur arrivée au Palais du gouvernement, les policiers ont chanté l'Hymne national puis réclamé la présence du premier Ministre ou celle du ministre de l'intérieur mais en vain. Le wali d'Alger, Abdelkader Zoukh, a tenté de discuter avec eux, les policiers lui ont silencieusement tourné le dos.

Ils se refusent à tout commentaitre à la presse. Mais nos reporters sur place (Saci Kheireddine / Rabah Beldjenna) ont appris que "certains de ces agents devaient prendre la relève à Ghardaia, à la fin du mois".

Partageant les mêmes inquiètudes que leurs collègues du sud, ils ont jugé utile de manifester à leur tour dans la capitale. Ils réclameraient le départ du DGSN Abdelghani Hamel et la création d'un syndicat pour porter leurs revendications (de meilleures conditions de travail).

Pris au piège entre un régime autoritaire et une population de plus en plus contestataire, les policiers semblent épuisés de jouer à la matraque du pouvoir. Cette contestation inattendue plonge la capitale dans le flou. La confusion règne à Alger. D'autres marches seraient en cours dans d'autres wilayas du pays, selon des sources policières.

 

 

Photos : Adlène Meddi

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Bouredji Fella

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