Des griefs dirigés contre la directrice : Remue-ménage à la dep d’El Tarf

Elwatan; le Dimanche 4 Octobre 2015
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Tout le monde en parle et cela fait les gorges chaudes; des entrepreneurs ont manifesté, mercredi dernier, devant la Direction des équipements publics (DEP). On en parle jusque sur les réseaux sociaux parce que ce n’est pas un fait anodin. Aujourd’hui, un conflit entre les entrepreneurs et l’administration signifie systématiquement, chez nous, malversations et corruption.

Une quarantaine, dit-on, d’entrepreneurs auxquels se sont joints des fonctionnaires de la DEP ont observé mercredi matin un mouvement de protestation devant le siège de cette administration. Les griefs des uns et des autres étaient dirigés à l’encontre de la nouvelle directrice de la DEP, installée au début du mois de juin. Pour les premiers, elle est la cause dublocage des factures (situations) car elle refuse de signer les documents et pour les seconds, elle a opéré des changements, adressé des questionnaires et pris des sanctions.

Une sorte de pétition-lettre a été rédigée dans ce sens. Le mouvement a cessé lorsque le wali a fait savoir qu’il recevrait des entrepreneurs le lendemain,jeudi, dans la matinée. A la sortie de cette entrevue, les entrepreneurs ne se sont pas montrés satisfaits des décisions prises. En effet, le wali a décidé de confier le dossier à la Secrétaire générale et à la DEP pour étudier au cas par cas dès cette semaine, les problèmes soulevés par les entrepreneurs. Selon certains d’entre eux que nous avons pu rencontrer,  il est reproché à la DEP de bloquer des situations (facturation de travaux), dont certaines dateraient de 3 mois.

On lui reproche encore des marchés qui n’ont pas été établis et des avenants qui tardent à voir le jour. Ou encore qu’elle ne reconnaisse pas les analyses d’écrasement de béton délivrées par les laboratoires. Certains de ces entrepreneurs ont des situations qui se sont accumulées pour atteindre des montants étourdissants de 7 et 11 milliards de centimes. Pourquoi encore, s’interrogent-ils, cette directrice ne reçoit que 2 jours par semaine ? «Nous et nos employés n’avons pas eu de fêtede l’Aïd», s’est écrié l’un d’entre eux.

Les fonctionnaires exigent de payer les entreprises

A la DEP, c’est une toute autre situation qui nous a été exposée par la directrice, Mme Ouhiba Mirèche. «Je suis là depuis 4 mois et je ne signerais aucun document douteux sans que nous ayons pris le soin de le vérifier» commence-t-elle pas s’expliquer. «C’est inimaginable ce qu’il y a comme irrégularités dans les procédures. Je suis passée par plusieurs wilayas avant celle-ci et je n’ai jamais vu ça ! Il ya des entreprises qui ont réalisé des travaux sans marché, pas même un ordre de service (ODS) ! Certaines ont facturé des situations physiques inexistantes et dans le meilleur des cas avec de fausses déclarations de quantités.

J’ai fait vérifier par mes services et j’en suis restée ébahie par l’ampleur du phénomène, j’ai même un cas où une première situation est présentée alors que l’entreprise n’a pas déposé la caution». A propos des laboratoires d’analyses de béton, Mme Mireche a indiqué que les analyses fournies dans les dossiers proviennent de laboratoires qui font des analyses de matériaux et pas celle, exigée par la réglementation, de l’écrasement de béton. «Ces irrégularités sont le fait des services de cette administration.

Il y a des avenants qui datent de 2011, 2012 et 2013 alors que c’est une procédure d’urgence qui a des délais fixés», explique-t-elle en soulignant la gravité, et de préciser «J’ai pris des mesures dans les services pour mettre de l’ordre et opérer les vérifications qui s’imposent et bien entendu, cela n’arrange pas les responsables qui se sont aménagés de confortables situations et qui ont couvert toutes ces irrégularités. Dans la lettre que m’a adressée le personnel, on me reproche le retard du versement de la prime trimestrielle alors que je débarque à ce poste. Et chose très curieuse pour des employés, on y exige de payer les entreprises qui le demandent. Un comble!»

Un secteur qui a connu des années sombres

Mme Mirèche a pris sur elle de se charger des équipements publics «carpersonne ne veut venir à El Tarf, nous confie-t-elle encore. La situation de cette wilaya est connue dans tout le secteur». Hasard ou pas, ce remue-ménage coïncide curieusement avec le séjour récent d’une commission d’enquête ministérielle sur la gestion de ce secteur à El Tarf. Selon nos interlocuteurs, les conclusions ne sont pas, on s’en doute un peu, très réjouissantes et on parle même de probables poursuites judiciaires.

Quoique les commissions, c’est connu, c’est du vent pour agiter l’arbre qui cache la forêt. De ce côté-là, les observateurs n’attendent rien. Tout le monde sait comment s’octroient les marchés publics à El Tarf. Le choix des entreprises et le lancement des travaux se font à l’humeur et souvent sur une décision verbale même si on prend soin de respecter les formes.

Et cela ne date pas d’hier ! Ce secteur, on s’en souvient peut-être, a connu des années sombres par le passé. Il été ébranlé entre 2006 et 2010 par une série de scandales qui ont impliqué des responsables, restés impunis, mais dont un ancien wali a fini en prison. On s’en souvient aussi, ces affaires ont fait des victimes, des agents, des lampistes comme toujours, dont la vie a été bouleversée parce que longtemps malmenés pas la justice avant d’être reconnus innocents. Manifestement cela n’a pas servi de leçon ou plutôt si, il y a eu du perfectionnement!           

Categorie(s): actu est

Auteur(s): Slim Sadki

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