Égypte : Les élections législatives en septembre

Elwatan; le Mardi 29 Mars 2011
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«Les élections législatives se tiendront en septembre», a déclaré le général Mamdouh Chahine, membre du Conseil suprême des forces armées (CSFA). Il ajoute que la date du scrutin présidentiel serait annoncée après   cette échéance. Peu après la chute de Hosni Moubarak le 11 février, l’armée a annoncé son intention d’organiser des élections législatives et présidentielle dans un délai indicatif de six mois, soit mi-août, en vue de remettre le pouvoir à un pouvoir civil librement élu. Le général Chahine a assuré que les forces armées feraient aujourd’hui ou demain une déclaration précisant les conditions de la transition.

Il a aussi déclaré que ces élections «ne se tiendraient pas sous l’état d’urgence», laissant entendre que ce dispositif très décrié maintenu tout au long de la présidence de Moubarak serait levé d’ici septembre. Cette législation donne notamment des pouvoirs élargis à la police en matière d’arrestation et de détention, et permet le renvoi devant des tribunaux d’exception. Le CSFA, un collège de généraux dirigé par le maréchal Hussein Tantaoui, assure la direction du pays depuis le départ de  Moubarak. Le gouvernement,  pour sa part,  s’occupe de la gestion des affaires   courantes. L’Egypte a déjà organisé le 19 mars un référendum pour la révision de la Constitution, qui a été largement approuvée par 77% des votants. Ce premier scrutin de l’ère post-Moubarak avait de fait conforté les projets de l’armée pour une transition rapide, mais de nombreuses voix s’étaient élevées pour juger irréaliste le délai de six mois initialement envisagé pour établir une transition véritablement démocratique.

Des élections dans un délai trop court pourraient favoriser les Frères musulmans, force la mieux organisée du pays, ainsi que les anciens du parti de M. Moubarak aux réseaux encore influents, redoutent certains commentateurs et hommes politiques. Mais des élections trop éloignées ont aussi ravivé les craintes de voir les militaires s’éterniser au pouvoir, contrairement à leurs promesses. Les dernières législatives se sont tenues en novembre et décembre 2010. Elles s’étaient traduites par une victoire écrasante du parti de M. Moubarak, mais les plus importants mouvements d’opposition s’en étaient retirés en dénonçant une fraude massive. La Parlement a été dissous dans la foulée du départ du «raïs» et la Constitution est actuellement suspendue. 

Le même jour, l’armée a promulgué une version amendée de la loi sur les partis, facilitant la formation des partis politiques mais interdisant toujours leur Constitution sur des bases religieuses. «La nouvelle loi de formation des partis a été promulguée et publiée» au Journal officiel, a annoncé le général Mamdouh Chahine. La nouvelle législation remplace la commission des partis, dominée par l’ancienne formation au pouvoir, le Parti national démocrate (PND), qui n’approuvait que rarement la formation d’un nouveau parti, pour la remplacer par un groupe de juges. L’interdiction des partis «basés sur la religion» est toutefois maintenue. Elle ne devrait pas empêcher les Frères musulmans de former leur parti, comme ils ont déclaré vouloir le faire, qui devrait alors s’abstenir de mentionner la religion dans ses statuts. Par ailleurs, l’armée a déclaré, hier, que l’ancien président égyptien, Hosni Moubarak, et sa proche famille sont en résidence surveillée en Egypte.

Categorie(s): l'événement

Auteur(s): Rédaction internationale

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