El Harraz, Kholkhal Aouicha et «la porte du merveilleux»

Elwatan; le Vendredi 17 Octobre 2014
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«Après un travail de recherche, j’ai fait extraire des histoires à partir de ces textes. El Harraz m’a donné à écrire, remanier quelques passages, enlever d’autres. J’ai traduit ces textes au français puis je les ai adaptés au conte pour les interpréter ensuite sur scène. C’est donc une nouvelle création. Il y a ma touche personnelle», précise le conteur. Fayçal Belattar envisage de monter le spectacle avec trois musiciens, dont son compagnon de route Labib Benselama, joueur de flûte et de percussions. «Je serai accompagné aussi par Amine au oud et par Inès Ghioua au violon. J’assure moi-même les percussions.  Il y a aura de nouvelles compositions musicales, un mélange entre l’oriental et le maghrébin. La musique évolue avec le texte. Sur scène, je vais ajouter un peu de bruitage aux fins de mettre en harmonie le texte et transporter le public avec nous. C’est un spectacle d’une heure. Pour garder toute la saveur du texte, j’ai pensé à jouer le spectacle au palais du Bey. Dans l’introduction, je décris et je présente El Harraz. Je présente le couple. J’ai remplacé Aouicha par Rym. Je vais expliquer l’histoire, montrer comment l’amoureux veut accéder au palais par tous les moyens en utilisant les ruses. Il va, par exemple, se déguiser en un cadi fourbe et se présenter que ‘‘le cadi du bled’’. Pour la deuxième ruse, il va se parer de coiffures rituelles, accompagné de disciples. Pour chaque ruse, il y a aura un tableau avec sa propre musique», souligne Fayçal Belattar. Pour lui, El Harraz est un beau conte maghrébin.

Magicien

«El Harraz ou l’enchanteur de son lointain Hidjaz qui traversa déserts et montagnes, parcouru plaines et forêts… jusqu’au Maghreb, pays au mille vergers sentant bon le jasmin. Devin ou chanteur, sorcier ou magicien, El Harraz était redouté pour ses pouvoirs et personne ne savait d’où il les tenait», écrit-il dans son texte. El Harraz a été écrit par le poète marocain Cheikh El Mekki Ben Qorchi, originaire de la ville d’Azemmour (évoquée dans le poème), au sud-ouest de Casablanca, sur les rives du fleuve Oum Errabiaa. Fayçal Belattar a eu l’inspiration en écoutant la version chaâbie de Amar Zahi d’El Harraz. «Cela m’a donné beaucoup d’images, m’a ouvert une porte vers le merveilleux, m’a transporté. J’ai dit qu’il me fallait monter ce texte», confie-t-il.

Avec la même formation musicale, le conteur envisage également de monter Kholkhal Aouicha, admirablement interprétée en Algérie par Maâzouz Bouadjadj, et Ras Bnadem de Sidi Lakhdar Ben Khlouf. «Ras El Mahna, l’autre titre du poème Ras Bnadem, évoque les malheurs vécus par un voyageur, au milieu de nulle part. C’est un pèlerin abandonné par une caravane qui se dirigeait avec La Mecque. Il s’est mis à marcher avant de trébucher, écrasé par le soleil et la soif, et tomber. Il trouve un crâne. Il commence à avoir des mirages en s’interrogeant sur le crâne.

C’est un texte philosophique. Des questions sont posées à cet crâne ? A qui appartenait-il ? Etait-il de l’Est ou de l’Ouest ? Etait-il libre ou pas ? ‘‘Hada watnek oula jit berani’’. Le pèlerin a eu un dialogue amusant avec le crâne de l’inconnu. Et ce dialogue m’a beaucoup intéressé. Les versions chantées de ce texte sont courtes. J’ai pu avoir le texte intégral de ce poème pour le traduire et l’adapter aussi», relève Fayçal Belattar. Ras Bnadem a été interprété, entre autres, par El Bar Amar, Rabah Derriassa, Noura et Abdallah Guettaf. Le projet artistique de Fayçal Belattar sera présenté pour la manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe 2015». «Nous devons présenter à nos invités notre culture. Je vais faire une version en arabe même si je suis déjà passé à une traduction. Je ne veux pas tuer l’âme de l’histoire», promet-il. Les festivités de la manifestation «Constantine, capitale de la culture arabe» seront lancées en avril 2015.

Categorie(s): culture

Auteur(s): Fayçal Métaoui

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