Élection présidentielle du 9 avril 2009 : Les arguments de participation des concurrents de Bouteflika

Elwatan; le Mercredi 4 Mars 2009
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Il est bien clair que l'élection présidentielle du 9 avril 2009 est aussi ficelée que celles de 2004 et de 1999. Le résultat de cette élection est quasi connu le jour où le chef de l'Etat, arrivé à la fin de son second mandat, a procédé en novembre 2008 à la révision constitutionnelle en supprimant la limitation du nombre de mandats présidentiels à deux.
Ce faisant, tout se passe comme si en briguant un 3e mandat, le président candidat Bouteflika a déjà ôté tout espoir de changement, rendant nul d’effet toute possibilité d'alternance au pouvoir. La question : dans un tel contexte, où le vainqueur semble déjà tout désigné, qu'espèrent les cinq autres candidats de leur participation à une élection faite d’avance ?

Pourquoi ? Pour Mohand Saïd, qui dirige le Parti liberté et justice (PLJ, non agréé, islamiste modéré) la réponse est simple : «Même si les dés sont pipés, l'expérience en vaut la chandelle. Rien ne m'interdit d'essayer à travers un message d'espoir de changer les choses. Dans un système fermé, il faut être tenace, dur de peau», nous a-t-il déclaré hier au téléphone. Il estime que l'élection est d'une grande importance pour ne pas y participer.
«Le changement pourrait se concrétiser grâce à l'impact que laisserait mon message dans l'esprit des masses», espère-t-il, tout en affirmant qu'il n'est pas partisan de la «rupture violente». Il dit être plutôt pour «un changement pacifique et graduel». Pour réussir son projet, Mohand Saïd dit compter sur les jeunes. Mme Louisa Hanoune, seule femme dans la course, comme c'était le cas en 2004, avait expliqué sa participation par la nécessité de «préserver l'intérêt national». Sa formation politique, avait-elle déclaré, ne pouvait opter pour le boycott. Car, à ses yeux, le boycott est «utilisé aujourd'hui par de grandes puissances pour attenter aux souverainetés nationales».

Dans sa tentative de justifier sa participation à un pari perdu d'avance, la responsable du Parti des travailleurs, qui n'a pu obtenir 2% des suffrages exprimés lors du scrutin présidentiel de 2004, fait appel à l’argument de «l'avenir du pays».
De son côté, le président du FNA, qui semble avoir pris goût à de telles compétitions, considère que «l'avenir» de l'Algérie se joue dans cette élection. «Nous sommes comptables devant le peuple. C'est l'avenir de l'Algérie qui est en jeu et le FNA n'a jamais fui ses responsabilités», justifie Moussa Touati lors d'une conférence de presse animée en septembre 2008 à Alger. Et d'ajouter : «Nous n'acceptons pas le mot lièvre, nous sommes plutôt des chasseurs.» Fawzi Rebaïne, président de Ahd 54, a affirmé, pour sa part, lors de ses différentes sorties médiatiques, avoir décidé de participer pour «concurrencer» le candidat Bouteflika. Pour ce chef de parti, les autres candidats «ne sont pas de véritables concurrents». Mais d'ores et déjà, il parle d'une concurrence peu loyale.

Précisant n'avoir jamais occulté les difficultés rencontrées et le parti pris de l'administration, le candidat Rebaïne, qui a déniché quelque
63 000 voix (0,6% des suffrages exprimés), lors de la dernière présidentielle, a dénoncé dès l'annonce de sa candidature «les énormes moyens» mis en œuvre dans la précampagne de son «rival» Abdelaziz Bouteflika. Le secrétaire général d'El Islah, Djahid Younsi, avait, pour sa part, expliqué sa candidature par le fait que «son parti ne croit pas aux positions négatives et à la désertion de l'action sur le terrain».
Il fait ainsi référence aux formations politiques qui ont décidé de ne pas participer au scrutin du 9 avril et qui ont adopté, selon son qualificatif, «la politique de la chaise vide et celle de l'autruche».
Loin de s'attarder sur leurs motivations, il est bien clair que ces candidats ont accepté les règles du jeu, qui ne peuvent être que celles assurant au président candidat Bouteflika de se succéder à lui-même.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): M. A. O.

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