Elections cantonales : La gauche en tête, la droite change de visage

Elwatan; le Lundi 28 Mars 2011
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Lyon.
De notre correspondant


En face, si la gauche est prépondérante dans les urnes, elle peine à convaincre sur la bataille des idées décisives  pour la présidentielle de 2012.
Après le second tour des élections cantonales en France hier, outre l’importance de l’abstention, seule l’ampleur de l’approfondissement du gouffre politique créé par le Front national pouvait encore susciter des nouvelles surprises chez les observateurs. Quelle serait l’augmentation du pourcentage de voix recueillies par le parti de Marine Le Pen ? Combien de sièges obtiendrait-il ?
Une poignée d’élus, ou bien un panier bien rempli ? Comme dans toute l’Europe désormais, le parti raciste et xénophobe a le vent en poupe, réussissant à entraîner plus de 17% des votants au premier tour à partir de thèses sécuritaires habituelles, doublées des slogans sur «l’immigration incontrôlable», et saupoudrant le tout de sujets sociaux et économiques, flattant les inquiétudes d’une majorité de Français qui ressentent violemment les effets de la crise.


Ce scrutin de dimanche consacrera aussi la décrépitude du parti présidentiel UMP qui a passé la semaine de l’entre-deux tours à se déchirer. L’activation d’un cordon sanitaire républicain contre le Front national a été refusée par le président Sarkozy.  Dans son parti, dont il prétend être le patron, beaucoup l’ont désavoué, dont le Premier ministre, François Fillon. Cela certainement va être comptabilisé par les électeurs. Il sera temps, dès ce lundi (aujourd’hui), de faire le total ou plutôt la soustraction de ce qui a été perdu, mais il faudra aussi faire de la prospective. Si dans la majorité gouvernementale certains refusent de s’opposer à l’extrême-droite aujourd’hui,  ce serait peut-être pour s’allier avec elle demain en vue de la présidentielle de 2012, à la manière de l’alliance historique en Italie entre le parti de Berlusconi et les néo-fascistes du Nord.
Enfin, même si son score devrait mathématiquement être marquant, paradoxalement cela ne devrait pas non plus être l’euphorie à gauche. Le parti socialiste devait pourtant hier gagner de nouveaux sièges et la gauche de la gauche (Front de gauche) et surtout les écologistes, qui après leur score honorable, dimanche 20 mars, étaient en mesure hier de remporter de nouveaux conseillers généraux qui renforceront leur assise. Cette gauche revigorée devra à présent mener le combat des idées, mais à un an de la présidentielle le temps est compté, et l’extrême-droite a un train d’avance.

Categorie(s): france-actu

Auteur(s): Walid Mebarek

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