Elle a été initiée par des militants de la cause identitaire : Pétition pour l’officialisation de tamazight

Elwatan; le Mercredi 15 Octobre 2014
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Une pétition, initiée notamment par des militants de la cause identitaire, circule pour exiger de l’Etat l’officialisation de la langue amazighe dans la prochaine Constitution. «Comme cela est arrivé assez souvent depuis l’indépendance, l’Algérie traverse une fois de plus une turbulence politique caractérisée par le mensonge, l’autoritarisme et les parodies électorales, le tout orchestré par les gouvernants interchangeables et leurs tuteurs de l’ombre. Un simulacre de révision constitutionnelle vient de s’achever après sa mise en place par le chef de cabinet de la Présidence.

Sauf à prendre le risque d’apporter du crédit à un tel processus usurpatoire, les Algériens, les partis politiques non affiliés au régime, la société civile, les intellectuels et militants n’ont d’autre choix que de rappeler certains fondamentaux démocratiques, qui ne sauraient être négociables, devant être inscrits dans ce nouveau texte censé représenter le contrat social de demain», écrivent les initiateurs de cette pétition, dont on peut citer, entre autres, Arezki Abbout, Saïd Khelil et Saïd Boukhari auxquels se sont joints des universitaires et autres militants qui «partagent la conviction totale que le destin de l’Algérie plurielle, démocratique et sociale et, au-delà, celui de l’Afrique du Nord, ne peut s’accomplir sans la reconnaissance et la prise en charge sincère et effective du substrat amazigh».

Les signataires relèvent, par ailleurs, que «ceux qui s’opposent à ce qui est une exigence historique et un impératif démocratique adoptent des affirmations caractérisées par des manœuvres dilatoires en lieu et place de positions responsables. Ces manœuvres d’arrière-garde tournent autour de la graphie, de la standardisation, de la généralisation ou pas de son enseignement... Quand bien même ces arguments mériteraient l’attention, ils ne sauraient remettre en cause la légitimité de l’officialisation de la langue amazighe».

Pour les rédacteurs du texte, «c’est à l’Etat de droit fédérateur, que tous les Algériennes et Algériens appellent de leurs vœux, que revient la mission de charger des spécialistes capables d’apporter des solutions scientifiques, débarrassées de toute spéculation idéologique, instrument d’obstruction, de mépris et de répression». «Que ne nous a-t-on pas dit jusque-là à propos du pluralisme linguistique ? Que deux langues officielles diviseraient le pays. Comme si l’Algérie allait prendre une décision unique en son genre ! De par le monde, de nombreux pays, du Nord comme du Sud, ont déjà et depuis longtemps inscrit plus d’une langue officielle dans leur Constitution, certains d’entre eux dépassant même la dizaine. Cette équité n’a fait, au contraire, que renforcer la cohésion nationale», lit-on aussi dans la même déclaration, qui rappelle que l’officialisation de la langue amazighe et son application concrète sur les terrains éducatif, politique, économique...

«seront des marqueurs forts qui symboliseront le changement et l’ouverture d’une nouvelle ère. Sans cet acte réparateur, l’Algérie poursuivra sa chute. Une chute qui n’épargnera ni les générations actuelles ni celles à venir !» Le même document précise, en outre, que la prochaine Constitution doit «se caractériser par une rupture décisive dans la conception de la gestion de la cité algérienne. Elle doit rendre aux Algériennes et Algériens les patrimoines linguistique, historique et culturel dans leur globalité. La balle est dans le camp des décideurs, s’ils veulent préserver l’Algérie du chaos que ses modèles de référence idéologiques, sociétaux et religieux (URSS, Yougoslavie, Moyen-Orient...) subissent cruellement aujourd’hui», soulignent les signataires du texte.
 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Hafid Azzouzi

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