Energie propre : Le Sahara Solar Breeder, un projet d’avenir pour l’Algérie.

Elwatan; le Dimanche 4 Octobre 2015
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Notre pays dispose d’un gigantesque gisement allant de Sig (Mascara) jusqu’à Ténès (Chlef) d’une part et d’autre part d’un savoir faire indiscutable. Le projet allemand Desertec avait été abandonné, compte tenu de son coût financier faramineux. Quant à la 1ère étape du projet algéro-japonais, il ne s’agit en réalité que le travail minutieux de longue haleine entrepris par les chercheurs algériens et leurs homologues japonais. Il y a lieu de souligner que la compétence des chercheurs et scientifiques algériens est reconnue, d’où cette atmosphère marquée par la confiance qui règne entre les groupes de chercheurs des 02 pays.

Il est vrai que beaucoup d’efforts avaient été consentis par l’université algérienne USTO Mohamed Boudiaf (Oran), afin de bien mener ce projet SSB. L’intérêt des chercheurs nippons pour notre pays n’est pas fortuit, ni le fruit du hasard. C’est le merveilleux résultat prometteur prouvé pour ce projet SSB qui permet de sceller l’avenir de l’Algérie en termes d’énergie pour l’après-pétrole. Les scientifiques algériens et japonais viennent d’apporter une vérité qui promet beaucoup, grâce aux progrès technologiques qui permettent à notre pays d’engranger une plus value.

La découverte après des années de recherches du Professeur Hamzaoui Sâad (USTO-MB) a suscité l’intérêt des japonais, jusqu’à vouloir investir en Algérie. Le gisement de silicium de Sig (06 millions de tonnes) ouvre de nouveaux horizons. Les chercheurs japonais avaient affiché leur intérêt après avoir vérifié les conclusions de recherches extraordinaires du Pr. Hamzaoui Sâad et de ses équipes. Une grande compagnie japonaise désire investir en Algérie dans la fabrication du silicium. L’économie algérienne ne sera que bénéficiaire après la concrétisation de ce projet de construction des usines de silicium dans la wilaya de Mascara, à proximité du gisement de Sig.

« L’usine de fabrication du silicium précise le Dr. Aourag Hafidh, directeur central au Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS) constitue le chainon manquant dans l’énergie solaire et la fabrication des panneaux solaires ». A ce jour, l’Algérie importe le silicium, une matière stratégique. Le lingot de silicium qui coûtait dans les années 90 un prix qui avoisine 80 dollars $, a effectué un grand bond pour atteindre le prix de 400 $.

Certes l’investissement dans le SSB est lourd, néanmoins moins coûteux que celui proposé par le projet Desertec. Les nombreuses industries, telles celles de l’électronique, de la sidérurgie, des cosmétiques, dans le monde demandent du silicium. C’est une matière première incontournable pour l’existence de ces nombreuses industries. La dynamique que vient d’apporter la communauté des scientifiques et des chercheurs algériens est une preuve irréfutable de leur présence indispensable dans le développement économique de l’Algérie. Ce projet SSB ; le fruit de la coopération scientifique et technologique entre l’Algérie et le Japon ; avait l’approbation du gouvernement du Japon en 2008 avant d’être validé par le G8 en présence de 05 pays des différents continents.

L’Algérie a assisté à cette réunion. En 2010, l’Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA) avait assuré l’accompagnement financier du projet SSB en allouant 05 millions de dollars $. Le projet SSB qui consiste à produire de l’énergie électrique à partir des rayons de soleil se définit comme étant un élevage des stations solaires au Sahara. C’est la production de l’énergie propre tout simplement. Le sujet des réunions internationales ces dernières années. La 1ère étape du projet algero- japonais (SSB, ndlr) est donc achevée.

Selon le Pr. Hamzaoui, « dans une année, grâce aux équipements japonais disponibles dans les laboratoires algériens, nous serons en mesure de produire du silicium très très propre nous dit-il, nous voulons fabriquer du silicium moins cher par rapport à celui produit actuellement par la technologie allemande qui date depuis les années 40, ajoute-t-il, d’ailleurs les chinois utilisent à ce jour le silicium issu des techniques allemandes. D’ailleurs, cette nouvelle technique proposée par le chercheur japonais, Pr. Koinuma et notre idée sur la diatomite qui nous ont permis d’obtenir et d’utiliser du silicium pur et propre. Notre objectif consiste à réduire le prix du silicium pour que nous puissions devenir compétitif à l’échelle planétaire », conclut le Pr. Hamzaoui Sâad.

En dépit de l’intérêt affiché par un grand opérateur japonais, les scientifiques et chercheurs algériens lancent un appel aux entreprises nationales, à l’image de Sonatrach, Sonelgaz et bien d’autres, pour les inviter à investir dans ce créneau. Les operateurs du secteur privé sont concernés par cet appel. Les walis devront proposer leurs offres, en mettant à la disposition des opérateurs intéressés des assiettes de terrains. Il s’agit de la création des richesses et des emplois en ces temps de crise économique. Le silicium sera à l’origine d’une révolution pour l’Algérie, selon les scientifiques. La règle 49/51 est déjà acceptée par l’investisseur japonais. L’absence du foncier risque de faire disparaître ce nouvel espoir qui est proposé par les scientifiques algériens, de surcroit des universités d’Oran, de Saida et d’Adrar.

Le professeur Amine Boudghène Stambouli qui n’est autre que le manager principal du SSB nous a affirmé lors de l’organisation de la 5ème session qui s’est tenue à l’UDES de Bou-Ismail (Tipasa), « j’ai pris attache avec les responsables du Ministère de l’Energie afin de les informer sur ce projet SSB nous dit-il, notre mission c’est la recherche, pour ce qui est de la réalisation de ce stratégique projet, la balle est dans le camp des industriels, je crois que l’intérêt national est au dessus de tout », conclut le chercheur Stambouli. Les discours officiels algériens insistent sur l’implication de la recherche scientifique dans le développement économique. L’exemple du silicium surgit au bon moment. Les scientifiques algériens attendent la décision sérieuse des décideurs politiques pour voire leurs études se concrétiser dans un premier temps à Sig.

 

Categorie(s): economie

Auteur(s): M’Hamed H

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