...et les autres brèves

Elwatan; le Samedi 11 Fevrier 2012
1


-Cinéma : Le court en course

Le court métrage de fiction est actuellement le genre le plus dynamique du cinéma algérien, tant du point de vue des sélections aux festivals que des palmarès. Ainsi, la jeune réalisatrice Sofia Djama a reçu, lors de la dernière édition du Festival international du court métrage de Clermont-Ferrand, deux prix pour son film, Mollement, un samedi matin. Il s’agit du prix de la première œuvre de fiction décerné par la Société des auteurs et compositeurs dramatiques et du prix de la l’Agence pour la cohésion sociale et l’égalité des chances. Soutenu par Arte qui l’a diffusé il y a une semaine et le CNC français qui l’a produit, le film raconte «les tribulations de Myassa, jeune femme victime d’un jeune paumé».

-Art tunisien : Nouvel exotisme ?

L’art contemporain tunisien, déjà riche d’artistes renommés, connaît un regain d’intérêt avec la conjoncture. Dans cet élan, l’Institut du Monde Arabe de Paris organise pour le premier anniversaire de la Révolution de Jasmin une exposition, «Dégagements», consacrée à une vingtaine d’artistes tunisiens. Parmi eux, Wassim Ghozlani a créé des cartes postales de Tunisie, à contre-pied du discours touristique. Meriem Bouderbala, qui a exposé en 2008 au MaMa d’Alger, s’est penchée sur le martyr  Mohamed Bouzidi, montrant des silhouettes représentant l’horreur de l’immolation et suggérant ses rapports avec les vécus, les mémoires et l’histoire. Sur le même thème, mais plutôt sur le registre de l’humour noir, Ali Cherri a mis en scène un jerrican d’essence et une boîte d’allumettes dites «de sûreté». A rapprocher, par la démarche, des cocottes-minute en procession de Halim Karabiben, allusion facile à l’explosion socio-politique. La mise en relation d’un événement récent avec des créations peut donner le meilleur comme le pire. D’où la remarque du photographe Jellel Gasteli, parlant de «l'opportunisme soudain d'une nouvelle génération de créateurs d'icônes de l'exotisme révolutionnaire».

-Souad Massi : On the road

La jeune chanteuse algérienne que l’on ne voit plus tellement en Algérie, en dépit du nombre de fans passionnés par ses compositions et interprétations, poursuit sa carrière. Avant-hier, elle était à Angers où elle a participé au concert «Musiciens pour la Palestine», aux côtés de son compatriote et aîné, Iddir, de Titi Robin et d’autres artistes de la scène française. Son agenda 2012 n’a pas été affiché jusque la fin de l’année mais signale une tournée en France dans plusieurs villes jusqu’à la fin avril. Elle sera à l’Olympia de Paris le 8 mars pour le Festival Génération Réservoir. Sauf indications contraires, il semble qu’elle n’a pas d’engagements internationaux en vue. Pendant ce temps, son dernier album Ô Houria, se vend assez bien, mais elle devrait peut-être se renouveler davantage.

-Festival : Portables créatifs

Sur le principe «Un mobile, une minute, un film», le Mobile Film Festival de Paris qui en est à sa septième édition permet à des jeunes et moins jeunes passionnés de cinéma de tenter l’aventure à travers des mini-films entièrement tournés avec un portable. Les films sont envoyés sur un site où un jury de professionnels sélectionne les meilleurs, avant de choisir le lauréat de l’édition qui reçoit un prix de 15 000 euros pour réaliser un court métrage. Cette année, le gagnant de l’édition est un certain Benjamin Busnel, qui a présenté un film intitulé Le Palier, une minute dans un ascenseur sur l’amour de deux jeunes voisins. Le festival décerne aussi des prix des meilleurs acteurs (masculin, féminin), du meilleur scénario et meilleur film d’animation. Pourquoi ce concept, né aux Etats-Unis, ne prendrait-il pas aussi racine en Algérie où la passion des jeunes pour ces machines et leur potentiel de création pourraient donner d’étonnants résultats ? Une idée à creuser, non ?

-Frantz Fanon : L’incontournable

La figure emblématique de Frantz Fanon n’a pas fini d’apparaître durant cette année du Cinquantenaire de l’Indépendance. Décédé quelques mois avant, ce Martiniquais, engagé dans la guerre de Libération nationale algérienne, est le théoricien du combat anticolonialiste. Aujourd’hui, à 10 heures, l’association Machaal Echahid (Flambeau du Martyr) organise une rencontre sur sa vie et son œuvre au Centre de Presse du quotidien El Moudjahid, en partenariat avec ce dernier. 20, rue de la Liberté, Alger. Entrée libre.

-Infrastructure : L’Opéra d’Alger à Ouled Fayet

Un échange de lettres portant sur la réalisation de l’Opéra d’Alger a été signé mercredi à Alger par le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, Boudjemaâ Delmi, et l’ambassadeur de Chine à Alger, Liu Yuhe, en présence de représentants du ministère de la Culture, indique un communiqué des AE. Le projet est financé par des dons chinois. L’Algérie offrira le terrain et procédera aux aménagements, tandis que la réalisation sera à la charge de la partie chinoise. L’Opéra d’Alger, d’une capacité de 1400 places, sera bâti sur une aire de 17 929 m² dans le quartier d’Ouled Fayet (ouest d’Alger). Son coût est estimé à quelque 30 millions de dollars. Les deux parties avaient signé en 2010 un contrat d’étude. La signature du contrat de réalisation avec l’entreprise chinoise retenue constituera la prochaine étape du projet.

-Statistiques : Des chiffres en scène

En 2011, le Théâtre Régional d’Oran «Abdelkader Alloula» a accueilli près de 70 000 spectateurs, selon le directeur de cet établissement, cité par l’APS. En divisant par 365 jours, on obtient une moyenne quotidienne de 191 spectateurs, bien qu’un théâtre ne puisse pas ouvrir tous les jours. Il faudrait comparer ce chiffre à la jauge (nombre de fauteuils) et au seuil minimum d’entrées. Mais, c’est surtout par rapport aux années précédentes que ce bilan est qualifié de record par le TRO. Une question se pose : pourquoi les autres structures culturelles n’en font-elles pas de même ?

-Exposition : Le personnage arc-en-ciel

Par ces temps d’intempéries où la grisaille chasse les couleurs, cette exposition, organisée par l’ambassade d’Italie et l’Institut culturel italien, tombe à pic. Sujet : l’Arlequin, ce personnage central de la Commedia dell’arte, né au XVIe siècle, à Bergame, dans le Nord de l’Italie. Célèbre par sa bonne humeur et ses facéties, son costume aux losanges multicolores est un hymne permanent au printemps et une invitation à la gaieté. On découvrira les portraits inédits de ce personnage réalisés dans le cadre d’un projet des Editeurs Associés avec 33 artistes européens. Et pour mieux connaître l’Arlequin et ses compagnons, une leçon-spectacle sur la Commedia dell’arte aura lieu, mardi 14 février, à 18h, au Palais des Raïs, Bastion 23 (Bab El Oued). Exposition : I.C.I, 4 bis, rue Yahia Mazouni, El Biar, Alger. Entrée libre.

-Arts : Ali Khodja, deux ans après…

Décédé voilà deux ans, le peintre Ali Ali-Khodja manque terriblement dans le paysage artistique algérien. Sa présence en tant que créateur mais également en tant que doyen, se fait sentir dans les manifestations culturelles de toutes les disciplines où il s’efforçait d’assister en dépit de son âge avancé. Né en 1923 à Alger, il avait appris, très jeune, la calligraphie et l’enluminure auprès de ses oncles maternels, Mohammed et Omar Racim,  avant d’aller étudier à l’Ecole des Beaux-arts. Parvenu à un haut niveau de maîtrise des arts traditionnels, il a connu une évolution inédite en passant vers la création moderne et l’abstraction, où il s’illustrera comme un maître de la couleur. Ses œuvres, aujourd’hui présentes dans plusieurs collections muséales ou personnelles, en Algérie et dans le monde, attestent de la contribution de cet artiste à la personnalité attachante. Aujourd’hui, à 15h30, la galerie Racim (UNAC, 7, avenue Pasteur, Alger) organise un exposition de ses œuvres entrant dans un programme qui comprend une cérémonie de recueillement sur sa tombe ainsi que des conférences.

-Patrimoine : Le site d’El Baâla

En bordure de l’oued El Athmania, (Mila) se trouvent des vestiges archéologiques de la période romaine. Ils comprennent des thermes, des galeries, un souterrain et plusieurs blocs gravés. Un programme de sauvegarde et de valorisation du site va démarrer, venant s’ajouter aux efforts engagés dans ce sens pour le patrimoine de la wilaya, comme la mosaïque de Sidi Zerrouk, le mur byzantin de Mila, les puits de Boughelad et M’chira…
Une étude a été lancée pour créer un musée régional. Bravo !

Categorie(s): arts et lettres

Auteur(s):

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..