Farid Ighilahriz. Commissaire du Festival international des arts de l’Ahaggar : La transmission, notre étoile polaire

Elwatan; le Vendredi 10 Fevrier 2012
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-L’édition 2012 du Festival international d’Abalessa-Tin Hinan pour les arts de l’Ahagagar (Fiataa) sera l’occasion pour vous de faire une pause. N’est-ce pas ?

Effectivement, nous avons prévu un volet restitution des produits des deux précédentes éditions pour cette année. Il s’agit de la publication des actes des rencontres scientifiques et d’un recueil des contes et légendes primés lors du concours national. Le recueil sera illustré par des artistes peintres et des étudiants de l’Ecole des beaux-arts. Nous allons élaborer un catalogue du festival avec beaucoup de photos et des textes. C’est une manière de montrer ce qui a été fait par le passé. Nous allons produire deux documentaires de 26 minutes sur les deux éditions du festival. Ces documentaires seront finalisés au cours de l’année. Nous voulons prendre du temps pour proposer de bons produits. Nous avons des propositions, mais nous n’avons pas encore décidé du réalisateur qui s’occupera de ces documentaires. A chaque fois qu’un produit est prêt, il sera rendu public. Nous allons proposer à la Télévision nationale la diffusion de ces deux documentaires.

-Cette année, vous avez innové pour le concours national «Contes et légendes»…

Oui, la participation à ce concours ne se fera pas uniquement par des textes en trois langues (tamazight, dont le tamahaq, l’arabe et le français). La participation est également ouverte aux enregistrements audio ou vidéo. Nous voulons donner la chance à une restitution plus ou moins fidèle des contes et légendes. Les détenteurs de ce savoir sont des personnes âgées qui ne savent pas écrire, du moins la plupart d’entre elles. Donc, elles peuvent participer avec une bande sonore ou un enregistrement vidéo. Le concours est ouvert jusqu’au 2 avril. Les résultats seront rendus publics au début du Mois du patrimoine (du 18 avril au 18 mai de chaque année, ndlr). Le conte du premier lauréat sera mis en scène avec une troupe théâtrale de Tamanrasset. La pièce sera présentée à la fin du Mois du patrimoine. En 2011, les lauréats du concours étaient des participants de la région de l’Ahaggar.

-Qu’avez-vous prévu pour les débats scientifiques cette année ?

Nous avons remplacé les colloques par des journées d’étude sous forme d’ateliers. Le thème retenu cette année est «Le patrimoine culturel saharien et les médias». Nous voulons débattre de la vision et du discours de la presse sur cette question. Participent à ces journées des professionnels du patrimoine culturel, des journalistes, dont ceux de la radio locale, et les opérateurs touristiques de la région. Vous savez bien que le patrimoine culturel attire les touristes nationaux et étrangers vers le Sahara. Le tourisme cultuel et scientifique est aujourd’hui au-devant de la scène. Ces opérateurs vont parler de la manière avec laquelle ils présentent les richesses culturelles du Sud aux gens qui viennent d’ailleurs. On va discuter de tout cela, voir s’il y a des choses à changer… le débat est lancé. Cette année, nous avons associé le centre universitaire de Tamanrasset à l’élaboration du programme académique. Pour nous, la transmission du patrimoine est notre étoile polaire.

-En plus du débat d’idées, vous avez programmé une série de concerts musicaux…

Pour le volet musical, nous avons insisté sur la présence d’artistes des pays voisins comme le Niger, le Mali et la Mauritanie. Ils vont animer la grande scène de Tamanrasset aux côtés d’artistes nationaux. Nous avons élargi cet aspect festif à In Salah et Abalessa où deux scènes seront dressées avec la même qualité technique que Tamanrasset. Le campement du festival sera implanté en plein cœur de la ville de Tamanrasset. Tous les ateliers et espaces (peinture, conte, cinéma, bande dessinée, artisanat, photos, Imzad, récits, contes, poésie, ndlr) seront regroupés dans ce campement. Une association locale née récemment animera un atelier sur l’astronomie. C’est nouveau. Nous avons retenu cette année des espaces pour le cinéma, la poésie et le récit.

Categorie(s): culture

Auteur(s): Fayçal Métaoui

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