Instabilité politique au Moyen-Orient, probable intervention militaire au Mali : 2012, au tournant de l’histoire

Elwatan; le Mercredi 26 Decembre 2012
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Post-islamisme ou contre-révolution ?
 

- Du haut de ses pyramides, quarante années d’autoritarisme vous contemplent. En Egypte, comme en Tunisie, les réflexes autoritaires ont la dent dure. «Même si la géopolitique a ses règles, il ne faut pas oublier que les premiers contre-révolutionnaires sont les leaders en place», précise Barah Mikhaïl, dans un entretien à l’Observatoire des mutations politiques dans le Monde arabe.
L’histoire a pris un tournant inattendu : refusant de se voir confisquer leur révolution, les peuples se sont élevés contre leurs gouvernants. Que ce soit en Tunisie, où Ghanouchi  rêve d’un destin similaire à celui de l’ayatollah, guide suprême d’Iran ou en Egypte où Mohammed Morsi se voit comme le nouveau pharaon, les pays post-dictatures refusent aujourd’hui d’abdiquer devant leurs dirigeants qu’ils accusent de porter atteinte à leurs espoirs de changement. Naguère actifs dans l’opposition, on ne sait pas encore si les partis islamistes seront plus efficaces au pouvoir. Ils auront, en tout cas, laissé sur le carreau de nombreux orphelins de la révolution.



Avis de tempête sur la Syrie
 

- Les populations syriennes coincées entre les chars d’Al Assad et l’arrivée des djihadistes s’interrogent sur l’issue d’un  dangereux jeu géopolitique qui se trame derrière leur dos. Elles qui avaient brisé la bulle du silence, s’affirmant comme un nouvel acteur sur la scène internationale, après plusieurs décennies de silence et d’exclusion, payent aujourd’hui un lourd tribut. «La Syrie paraissait être un déterminant, en ce sens qu’elle pouvait conditionner la poursuite du Printemps arabe ou son arrêt», explique Barah Mikhaïl dans un entretien à l’Observatoire des mutations politiques dans le Monde arabe. Les spécialistes redoutent aujourd’hui une guerre parallèle dans le pays du Cham. Le fait est que de nombreuses parties, Arabie Saoudite, Qatar, Turquie, Israël… jouent une dangereuse partie de poker avec le sang des populations syriennes, dont l’enjeu est de faire tomber l’Iran.



Le statut de la Palestine à l’ONU
 

- C’est l’une des rares bonnes nouvelles de cette année 2012. La Palestine accède enfin au statut d’Etat (non membre) de l’Organisation des Nations unies. Le vote de l’Assemblée générale permettra, tout au moins, aux responsables palestiniens de gagner en confiance face à leurs interlocuteurs israéliens, en cas de négociations. Elle pourrait théoriquement ratifier le Statut de Rome et saisir la Cour pénale internationale (CPI). La joie des Palestiniens aura été de courte durée. Outrepassant son engagement auprès des Etats-Unis, son allié traditionnel, le gouvernement israélien a annoncé la construction de colonies à Jérusalem-Est occupé, ainsi qu’en Cisjordanie, entravant ainsi la viabilité d’un Etat palestinien.



Le nouveau souffle du dJihadisme international
 

- Y a-t-il un renouveau du djihadisme international après la mort d’Oussama Ben Laden ? Profitant d’un cafouillage politique au Mali, les boutefeux de la charia  ont réussi à hisser leurs drapeaux dans les principales villes du nord du pays. Tel un cancer, le terrorisme a fait des métastases dans toute la région du Sahel. En plus, l’organisation Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI), créée sur les décombres du GSPC algérien, de nombreuses «sections» terroristes ont émergé dans cette partie du monde, à l’exemple du Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) composé essentiellement de ressortissants africains, Boko Haram à l’Ouest et les Shebab à l’Est. Dans la cacophonie ambiante, Mokhtar Belmokhtar, connu sous le nom de «Laâouer» (le borgne), en désaccord avec le chef d’AQMI, Abdelmalek Droukdel, veut créer son propre groupe armé El Moulathamine, les signataires par le sang.

 

Bruits de bottes au Mali
 

- Face aux islamistes armés qui se sont accaparés les deux-tiers du Mali, les Etats engagés dans la lutte antiterroriste cherchent un plan pour empêcher l’enracinement des terroristes dans cette partie du monde. Les parties prenantes du projet ont chacun leur propre opinion sur la meilleure manière de traiter le problème. Entre Alger qui craint de voir le piège malien se refermer sur lui, la Cédéao prête à envoyer 3000 soldats, la France qui ne croit pas aux vertus du dialogue avec les islamistes, les Etats-Unis qui redoutent que cela se transforme en procès du néo-colonialisme, le gouvernement de Bamako vacillant entre ses querelles intestines et une situation explosive, et l’ONU qui a révisé plusieurs fois son jugement sur la situation, il est bien difficile de trouver un consensus.                      

 

Categorie(s): international

Auteur(s): Amel Blidi

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