Instantané : C’est quoi un centre de transit ?

Elwatan; le Mardi 7 Fevrier 2012
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C’est quoi un centre de transit, sinon un lieu où sont logés des locataires de manière temporaire en vue de les reloger dans des immeubles salubres et conformes aux normes d’habitation en vigueur. Si la cité Diar El Kef a vu, après la furie des eaux de 2001 de Bab El Oued, ses immeubles requalifiés au profit des locataires du quartier éponyme après six ou sept ans de travaux, c’est loin d’être le cas pour d’autres prétendants. Le momentané ou le provisoire chez nous fait perdre souvent la notion de la mesure du temps. La solution transitoire peut prendre une autre dimension dans l’unité du temps civil au point de faire sortir l’administré de ses gonds. Elle peut signifier également faire nourrir d’illusions et de promesses vaines les prétendants au logis, ceux qui traînent dans des masures depuis une dizaine d’années, voire plusieurs décennies.

Certaines familles élisant leurs quartiers dans la commune de Raïs Hamidou qui, l’espace de 22 ans, vivent dans la promiscuité, évoluant dans des cages menaçant ruine. Ils ont beau s’escrimer devant «Sidi l’mir» pour qu’il abrège leurs souffrances. Ils ont beau faire entendre raison à ceux qui chapeautent les programmes de relogement. Mais entre le propos rassurant et l’accomplissement du fait, le prétendant peut s’accrocher des gamelles. «La seule réponse avec laquelle les autorités tentent de nous consoler, est de nous inviter à faire montre de patience», disent, non sans dépit, les infortunés qui attendent, depuis le séisme de 1989, d’étrenner leur F2 ou F3 dans des immeubles flambant neuf. Et d’ajouter avec la rage au cœur : «Nous vivons dans des réduits misérables dont même les poules ne sauraient s’accommoder».

Sans alimenter davantage l’humeur chagrine des petites gens qui ont vu leur progéniture grandir dans des conditions indignes d’une habitation, l’on s’interroge si elles ne risquent pas de voir la figure de discours des responsables locaux se muer en cette citation de Montesquieu :  «Les desseins qui ont besoin de beaucoup de temps pour être exécutés ne réussissent presque jamais.» Dans la même foulée, faisons un tour dans la géographie périphérique de la grande mégalopole qu’est Alger, les bidonvilles ou ces territoires bannis qui enserrent la commune de Birtouta, tels haouch Ratel, haouch el Gazouz, Haouch Essaboune, et nous serons édifiés sur la déchéance des hommes souffreteux occupant des galetas moisis qu’ils partagent avec des bêtes de somme depuis plusieurs décades.

Les exemples sont légion, à travers les communes de la wilaya où il est permis de prendre son mal en patience avant d’être logé décemment. Oui, «la patience est l’art d’espérer», pour emprunter les propos de Vauvenargues.
 

Categorie(s): alger

Auteur(s): M. Tchoubane

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