Instantané : Quand l’écocitoyenneté fait défaut

Elwatan; le Mardi 7 Octobre 2014
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Après le rituel sacrificiel de l’Aïd El Adha au milieu d’averses bienfaitrices, les rues d’Alger rejetaient les résidus de moutons dédiés au «noussouk». Le décor est planté : crottes fumantes, restes de bottes de foin éparpillés et cornes mêlées au ruissellement de sang le long des trottoirs prennent le relais du bêlement ovin et de la stridence des meules des rémouleurs, dans un espace public où les joyeux drilles trouvaient matière à jubiler.  Si les uns – et ils étaient rares – se donnaient la peine en s’affairant à nettoyer le seuil de leur chez-soi à coups de balai, de pelle et de jets d’eau, les autres, ayant accompli la sunna de Sidna Ibrahim El Khalil, ne voyaient pas nécessaire de coller à l’écogeste qui consiste à rendre propres les quartiers, après l’acte d’offrande sacrée réservée à Allah.

C’est une mission, estiment-ils, qui échoit à ces «neqqayîne» qu’on nomme à tort «zeballîne» de l’EPIC NetCom lesquels, l’espace de multiples rotations, barbotent non sans difficulté dans une fange dégoulinante. Ces non-écocitoyens se donnent le droit de foutre la chienlit dans la rue sans assumer jusqu’au bout ce qui leur tient à cœur, au prétexte que c’est la fête de l’Aïd dont la quintessence de l’immolation se voit réduite à la seule réjouissance d’agapes.

Au point de nous faire admettre que l’Aïd El Kebir est synonyme de bombance, et au diable la propreté des lieux qu’occupe la communauté ! Nous avons nos traditions, nos coutumes, nos fêtes, mais, Dieu du ciel, quel est l’argument qui nous autorise à célébrer un événement qui plus est sacré, en foulant aux pieds les rudiments de l’hygiène publique ? Dieu du ciel, la salubrité publique échoit-elle aux seuls agents de Netcom,  Asrout et l’ONA – pointés à chaque fois du doigt – que nous trouvons un malin plaisir à punir, un peu plus ces jours-ci ? Dieu du ciel, nos gestes tirent-ils leurs valeurs de l’esprit de l’islam ou se confinent-ils dans la chose folklorique que nous nous efforçons à assimiler à un grand foutoir ?

Autre chose qui n’effleure pas moins notre esprit et qui se résume à ce clin d’œil que nous osons faire à nos pouvoirs publics : pourquoi nos architectes n’intègrent-ils pas dans la conception d’immeubles des aires communes réservées au jour du sacrifice de l’Aïd ? Cela ne concourrait-il pas à éviter tant de désagréments qu’on s’échine à  causer dans notre espace public ?

Categorie(s): alger

Auteur(s): M. Tchoubane

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