Instantané : revenez souvent M. Hollande !

Elwatan; le Jeudi 20 Decembre 2012
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Les immeubles crasseux d’Alger ont été ravalés, les rues encombrées de déchets nettoyées par les agents de Netcom. Même l’EPIC Asrout, dont on ne voit pas la trace les autres jours, est retenu pour installer une couche de bitume sur les trottoirs défoncés de la rue Larbi Ben M’hidi. Qu’une ville se pare de «ses plus beaux atours» pour accueillir un hôte important, rien de plus normal, mais cet effort herculéen de la machine bureautique qui s’est emballé doit être constant. La gestion d’une ville ne doit pas se faire suivant les lubies du locataire d’un quelconque palais.

L’Algérois ou même les habitants de, qu’on appelle improprement, «l’intérieur du pays», oubliés par l’Algérie utile et officielle, considèrent comme une offense et une injustice toute cette débauche de moyens dégagés pour «paraître propret» au yeux des étrangers. Paris est-elle repeinte à la veille des visites officielles, plus nombreuses que de ce côté-ci de la Méditerranée. Paris est entretenue toute l’année. Les habitants qui y vivent ne sont pas méprisés et participent eux-mêmes à cet effort.  Les habitants des quartiers de Belouizdad, El Harrach, Raïs Hamidou, Bel El Oued, ou même de certaines ruelles «cachées» du centre-ville s’indignent contre cette gestion des responsables. Les autorités, qui annoncent à grands efforts de marketing des projets ambitieux, tels que le plan de ce programme stratégique 2009-2029, restent, à n’en point douter, prisonnières du réflexe des années de plomb.

Le tape-à-l’œil, l’indigence, le mépris du peuple sont la marque de fabrique des gouvernants qui se sont succédé. Les colons français, qui effaçaient du décor l’Arabe, ont  laissé place à un pouvoir dont le seul souci est le prestige. Le wali, d’habitude si casanier, a été aperçu en consciencieux chef de chantier sur la rue Zighoud Youcef, suivant de près les travaux avec son exécutif au grand complet. Même la Protection civile a «prêté» ses nouveaux engins pour donner un coup de peinture rapide aux façades du front de mer. Hollande aura-t-il le temps nécessaire pour admirer le résultat de ce «toilettage» ? Assurément, non. Les Algérois, eux, retiendront de ces quelques jours d’intenses activités une chose : la ville dans laquelle ils vivent n’est pas la leur.

Categorie(s): alger

Auteur(s): Nadir Iddir

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