Investissement à Sétif : L’autre face cachée

Elwatan; le Lundi 18 Novembre 2013
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En apparence, l’investissement se porte bien pour ne pas dire à merveille à Sétif. Sur le terrain où le porteur d’un projet devant effectuer un véritable parcours du combattant, la réalité décourage les plus téméraires. Ne pouvant résister à d’innombrables tracasseries bureaucratiques et blocages à plusieurs niveaux, de nombreux opérateurs sont dans l’obligation de brandir le drapeau blanc. Les  plus audacieux continuent contre vents et marées. Ne sachant à quel saint se vouer, des opérateurs devant s’installer au niveau de l’extension de la zone industrielle constituée de 168 lots, montent au créneau. «En plus des problèmes administratifs inhérents aux permis de lotir et de construire, qui ne sont délivrés qu’après plusieurs navettes entre différents services et directions, nous sommes confrontés à moult obstacles. Pour un simple papier, l’opérateur ne peut contracter le moindre crédit bancaire. Une telle embûche qu’on ne peut régler qu’après de longs va-et-vient, influe négativement sur le délai de réalisation et le coût du projet que nous devons réactualiser à nos frais.

Disposant de fonds propres, les nantis qui échappent à de tels accros, sont stoppés net par les problèmes d’eau, d’électricité et de téléphone. Pour un simple raccordement à l’électricité, nous devons prendre notre mal en patience. L’installation de nos équipements en pâtit. Sans téléphone fixe, nous ne pouvons travailler. L’aléatoire champ du mobile n’arrange pas les choses. Pour ce problème de communication, notre manque à gagner est incommensurable. Les correspondances adressées aux différentes instances et responsables des secteurs précités, restent lettre morte. La situation est intenable. Nous demandons l’intervention du wali pour mettre un terme à ces problèmes récurrents», diront de nombreux investisseurs se trouvant plus que jamais dans l’expectative. Pour avoir la version des principaux intervenants sur le site en question, nous avons pris attache avec les premiers responsables de l’ADE, la Société de distribution de l’électricité (SDE) et d’Algérie Télécom, qui ont bien voulu éclairer nos lanternes. «Sans des apports nouveaux, nous ne pouvons alimenter la zone industrielle où les besoins sont énormes. Avec un déficit de plus de 47%, nous éprouvons des difficultés à répondre aux attentes des ménages. On doit en outre savoir que l’ADE  ne mobilise pas  la ressource, elle la distribue», souligne Mourad Amroun, le directeur de zone de l’ADE.

«L’entreprise Algérie Télécom est disposée à répondre à toute demande. En plus des stations Wimax mises à la disposition de 32 clients de la zone industrielle, un équipement multi-services-Access-nœud (MSAN) est installé au niveau de la zone pour répondre aux besoins des opérateurs économiques qui n’ont qu’à exprimer leurs besoins en lignes téléphoniques ou Internet», souligne M. Moussaoui, le directeur de wilaya d’Algérie Télécom. Nabil Gouasmi, directeur de la SDE, ne cache pas les problèmes rencontrés : «La SDE n’est en rien responsable des désagréments causés aux opérateurs. Pour l’information, le délai de raccordement en gaz et électricité est de 40 et 50 jours. Une fourchette est inscrite dans notre contrat performance, scrupuleusement respecté par nos différentes équipes. L’obtention des autorisations et permis du ressort exclusif des APC, met du temps. Une telle étape dérange quelque peu le client pénalisé par de tels lenteurs.» 

Notre interlocuteur qui ne veut pas éluder les problèmes exposés par les investisseurs, lâche le morceau : «Pour installer nos équipements financés sur les fonds propres du groupes Sonelgaz, nous n’avons pas d’interlocuteur car on ne connait pas l’identité de l’aménageur qui n’a pas prévu les réseaux de gaz, électricité et eau. Cet inconvénient n’a pas freiné notre société mettant les bouchées doubles pour doter le site de deux importants postes sources. L’étude d’un poste électricité d’une capacité de 80 MVA est finalisée. La phase réalisation vient d’être engagée par le groupe ayant consacré une importante enveloppe. Le dossier du poste gaz de 20 000NMH est presque ficelé.» En somme, les porteurs de projets devant générer la richesse et l’emploi sont face à un impitoyable environnement  à «embellir».  
 

Categorie(s): setif

Auteur(s): Kamel Beniaiche

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