Investissements étrangers : Les rapports qui ternissent l’image de l’Algérie

Elwatan; le Mardi 18 Mai 2010
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La politique économique, adoptée par le gouvernement algérien, tend à devenir de plus en plus hermétique à l'endroit de l'investissement étranger.
Les analystes, les médias et experts étrangers multiplient leurs critiques au sujet de la politique économique adoptée par le gouvernement algérien. «En dehors du secteur pétrolier, le message de l'Algérie aux investisseurs étrangers n'a jamais été particulièrement chaud. Contrairement à ses voisins, Alger vient de changer son message en disant aux étrangers vous n'êtes pas les bienvenus ici», écrit The Financial Times. Ce magazine économique estime que l'Algérie, qui «a désespérément besoin de diversifier son économie et créer des emplois pour apporter une réponse à un taux de chômage élevé a opté pour une politique nationaliste, croyant que ses réserves de pétrole et de gaz peuvent compenser le manque d'investissement».

Citant les déboires rencontrés par Orascom Telecom Holding (OTH), un opérateur égyptien de téléphonie mobile, le journal souligne que l'Algérie continue à durcir sa position vis-à-vis des investisseurs étrangers, contrairement à ses pays voisins, notamment le Maroc, la Tunisie ou l'Egypte. La publication britannique rappelle que le divorce entre la partie algérienne et les responsables d’OTH remonte «à la vente, en 2007, d'une usine de ciment par une autre société Orascom au groupe français Lafarge». Le gouvernement algérien a menacé d'exproprier les avoirs des actionnaires d'Orascom Telecom Algérie, filiale locale d'OTH, en cas d'approbation d'un projet de vendre le groupe mère à la compagnie sud-africaine MTN, indique le rédacteur de l'article, en faisant savoir que «Orascom a également été frappé d'une lourde taxe de 596 millions de dollars pour la période 2004-2007, durant laquelle il était censé avoir été exempté».

L'Algérie, sous l'ère Bouteflika, poursuit toujours la publication, a adopté récemment un dispositif juridique accordant à l'Etat le droit de préemption. Pour The Financial Times, la législation, qui n'était pas encore élaborée lors de l'entrée d'Orascom sur le marché algérien en 2001, sera appliquée avec effet rétroactif. En outre, le même journal cite une directive limitant le rapatriement des bénéfices pour les entreprises qui jouissent d'exemptions fiscales. Désormais, insiste le magazine, ces entreprises sont obligées de réinvestir des sommes équivalentes aux avantages fiscaux qu'ils ont reçus.

La publication n'en finit pas de recenser ses critiques, en particulier la mesure se rapportant à l'actionnariat 51/49. Evoquant les conclusions d’un rapport de EFG-Hermes, une banque régionale d'investissement, le journal précise que «les mesures prises par le gouvernement et ses tendances nationalistes sont de nature à entraver l'activité du secteur privé aussi bien local qu'étranger». Un changement de cap qui, selon le même rapport, aura des répercussions désagréables. «Le chômage des jeunes est susceptible de se maintenir à un niveau élevé alors que l'inflation et l'inefficacité des secteurs public et privé devront augmenter les pressions sociales», conclut le rapport, cité par ce magazine économique.

Même Stéphane Richard, le tout nouveau directeur général de France Télécom, cité par l’agence Reuters, a exprimé ses réserves sur le marché algérien. «Je pense que la situation politique en Algérie rend très difficile de voir ce que nous pourrions faire», dira-t-il. Le patron de France Télécom a d'ailleurs rejeté toute intention d'enter en contact avec les responsables d’OTH pour l'achat de Djezzy.

Categorie(s): economie

Auteur(s): Hocine Lamriben

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