«Ir7al ya Safir !»

Elwatan; le Vendredi 10 Fevrier 2012
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Devant le portail de l’ambassade, des dizaines de policiers se dressent. Tout à coup, les groupes épars se réunissent, s’ébranlent et avancent vers l’ambassade. Syriens, Algériens et binationaux crieront leur colère et leur dépit en réclamant le départ de l’ambassadeur et le soutien du gouvernement algérien. L’initiative du Comité de soutien au peuple syrien pour le changement et de l’Union des Étudiants Syriens Libres durera près de deux heures. Ce comité est né à l’aube de la révolte syrienne, au lendemain des événements de Deraa qui ont précipité la révolution syrienne (pour rappel, une dizaine d’enfants ont été torturés après avoir écrit «le peuple veut la fin du régime» à Deraa, ville du sud-ouest de la Syrie, ndlr).

«La première action remonte au 15 mars 2011», précise Adnan Buch, porte-parole du comité. Au départ, le comité s’appelait Comité de soutien du peuple syrien pour la réforme et le changement, explique, de son côté, le coordinateur du mouvement, Fayçal Mohamed Hazem. Lorsqu’on s’est rendu compte que le régime syrien ne comptait pas répondre au désir de liberté et de dignité de son peuple, le nom a changé pour devenir Comité de soutien au peuple syrien pour le changement». Ainsi que les revendications. Le comité est constitué principalement de Syriens d’origine établis en Algérie depuis longtemps et compte quelque 200 membres. Intellectuels, médecins et universitaires, la plupart sont des réfugiés politiques, selon Adnan Buch. «Le comité représente tous les courants de pensée de la société syrienne», insiste-t-il.

«Un peu de dignité»

Le comité compte aussi des Syriens qui ont pris parti contre le régime. Mais pour ces derniers, le militantisme est plus difficile. «Dès le départ des manifestations en mars 2011, des membres de l’ambassade ont filmé les manifestants un par un et envoyé des rapports sécuritaires aux autorités syriennes», dénonce le coordinateur du gouvernement, Fayçal Mohamed Hazem. Depuis, certains membres n’ont pas pu obtenir leurs papiers ni leur passeport. Plusieurs personnes ont témoigné pendant le sit-in de mardi après-midi. «Des pressions ont été exercées sur les manifestants alors qu’au départ, ils appelaient à des réformes», précise-t-il.

Parmi les nombreux drapeaux de l’opposition qui flottent par-dessus les têtes des manifestants aux côtés du drapeau algérien, un florilège de slogans et d’affiches mettent l’accent sur le caractère pacifique de la démarche et alertent les passants sur le drame que vit les Syriens. Mais la principale revendication qui revient comme un leitmotiv reste… le départ de l’ambassadeur de Syrie en Algérie et le soutien des autorités algériennes. «On souhaite que le gouvernement algérien soutienne le peuple syrien. Les revendications du peuple syrien ne sont pas énormes. Nous demandons un peu de dignité, de liberté et de justice. Nous souhaitons un système démocratique qui respecte les droits de l’homme, déclare Fayçal Hazem. Nous espérons que le gouvernement algérien prendra une position stricte contre le gouvernement syrien. Ne serait-ce qu’en exerçant des pressions diplomatiques et politiques afin d’arriver à une solution, sans passer par l’intervention étrangère, et qu’on puisse éviter un conflit armé», poursuit-il.

L’autre revendication capitale : «Que cesse le bombardement de Homs, qui constitue une véritable guerre d’extermination. Les habitants de Homs subissent des attaques incessantes avec des armes de guerre, qu’un despote dirige contre son peuple», souligne, pour sa part, Adnan Buch.
 

Categorie(s): international

Auteur(s): Nesrine Sellal

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