Jean-Christophe Kugler. Directeur des opérations de la région Euromed-Afrique chez Renault : «Le véhicule algérien sera le même en termes de qualité et de fiabilité…»

Elwatan; le Samedi 22 Decembre 2012
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- Quelle est votre impression d’être le premier constructeur à s’installer industriellement en Algérie ?  
 

Nous sommes très fiers. Je suis personnellement fier de l’équipe qui a mené les négociations avec le partenaire algérien, dès lors qu’ils ont réussi à créer une vision commune avec le partenaire. Et c’est grâce à cette vision commune acquise il y a de cela une année, que les deux présidents ont pu signer, le 19 décembre, l’accord de partenariat pour la création d’une usine.

 

- Est-ce qu’en termes de qualité et de fiabilité, les véhicules  qui sortiront de votre usine d’Oran seront-ils les mêmes que ceux que vous fabriquez en Roumanie ou au Maroc ?
 

Il faut savoir que chez Renault, nous avons des standards de qualité et des standards de formation  du personnel  qui sont les mêmes à travers le monde. Notre personnel algérien sera formé de la même manière que les autres personnels à travers le monde. Nous avons acquis une très grande expérience  à l’international. Donc, nous savons comment nous y prendre et nous savons quoi faire au juste. Certains cadres algériens auront à occuper des postes de responsabilité importants. Ils auront des formations d’une année, de six mois ou de trois mois dans nos différents centres de formation. Les opérateurs sur chaîne devront, eux aussi, faire des formations et acquérir des automatismes. Ils devront simuler les premiers gestes opératoires sur chaîne. Pour tout cela, nous avons les compétences et les hommes pour le faire.

 

- Selon-vous, l’engouement pour le véhicule made in Algérie sera-t-il le même que ceux pour les modèles que vous fabriquez dans d’autres pays ?
 

Je suis certain que vous êtes mieux informé que moi sur ce point. Ce que je peux vous dire, c’est que  l’Algérie est le 2e  plus grand marché automobile en Afrique et qu’il sera peut- être le premier dans quelques années. De ce fait, il est tout à fait naturel qu’une industrie automobile puisse voir le jour. Savoir si le client  va apprécier le produit algérien, je ne peux entrer dans la tête du client. Mais je peux l’assurer qu’il sera le même en termes de qualité et de fiabilité que les autres produits que nous fabriquons. Nous allons même communiquer avec les clients à travers des visites guidées dans notre usine, à travers les campagnes de publicité dans la presse  afin qu’ils se rendent compte, eux-mêmes, tous les moyens que nous avons mis, les hommes aussi pour arriver à  ce stade.

 

- Pensez-vous que le projet de 25 000 véhicules par an est rentable pour le groupe Renault, quand on sait qu’à côté, chez nos voisins marocains,  vous avez un projet similaire de 400 000 véhicules/an à long terme ?  N’est-ce pas là un projet «politique» que vous inaugurez ?
 

Premièrement, nous ne faisons pas de politique au niveau de notre groupe. Nous faisons de l’industrie. Cette opération doit  être rentable  pour être pérenne. Je peux vous assurer que nous avons mis tous les moyens pour qu’elle le soit. Nous avons mis tous les paramètres sur la table.

 

- Allez-vous, par la suite, basculer vers une usine de fabrication d’automobiles et non pas uniquement de montage ?
 

Cela est même certain. Dès la deuxième phase du projet, c’est-à-dire dès qu’on aura dépassé le cap des 75 000véhicules par an, nous allons vers une troisième phase, celle de l’implantation des unités de soudure, de peinture de montage,  bref, tous les métiers de l’automobile.  Cela ne peut pas se faire du jour au lendemain, mais ça se fera.  

 

- Pensez-vous que vos sous-traitants habituels vont vous suivre dans ce projet ?    
 

Vous savez, cela dépend  des mesures d’accompagnement et des facilités  qu’ils auront auprès des pouvoirs publics. C’est à eux de décider s’ils pourront venir ou colocaliser avec des investisseurs locaux. Toutes les options sont possibles. Nous allons avoir plusieurs types de mariages et de business modèles, mais l’avenir nous le dira certainement

 

- Le mot de la fin…  
 

Nous sentons en Algérie une jeunesse  qui a envie d’apprendre et de réussir. Nous sommes chez le groupe Renault très enthousiastes  de recruter des cadres de haut niveau. Nous avons la sensation de participer à l’essor d’une industrie automobile qui va générer du dynamisme. Nous sommes heureux de participer à cette dynamique.
 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Nadir Kerri

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