Journée de formation à El Flaye : La gestion des associations en débat

Elwatan; le Lundi 13 Octobre 2014
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Comment gérer sainement et efficacement une association, l’éloigner des interférences politiques nuisibles ? Comment doit-elle régler ses conflits internes ? Comment y développer l’esprit d’entreprise et d’équipe ? C’est, en gros, sur ces interrogations, que s’est penchée la  journée de formation organisée par l’association El-Flay-Savoir et patrimoine, samedi 20 septembre au siège de l’ancienne bibliothèque, au profit de plus d’une dizaine d’associations.

Assurée par l’experte, Ouiza Galleze, de la Société Comet-info, cette formation de groupe a été, de l’avis de certains participants, bénéfique et un moment d’échange d’expériences, de points de vue et d’analyses sur le mouvement associatif.
Privilégiant l’approche interactive dans l’examen de la problématique posée, Ouiza Galleze a réussi à faire des participants les acteurs de leur propre apprentissage.

Dans une interaction verbale orientée, les bénéficiaires de cette  formation ont eux-mêmes procédé à l’énumération exhaustive des problèmes qui entravent les associations dans l’exercice de leurs activités, avant d’en proposer, par la suite, des réponses idoines. Le début des travaux est consacré à la présentation à tour de rôle des associations. Il est question notamment de la dénomination du caractère, des buts, du champ d’intervention et des réalisations importantes de chaque association. Ce qui ressort des propos des différents intervenants, c’est cette tendance de la majorité des associations à se complaire dans des «festivals folkloriques sans lendemain» selon les termes même d’un des assistants. Yennayer, Aderyis, Azenzi …divers festivals s’organisent çà et là, en l’honneur des traditions.

Mais, au-delà de ressusciter quelques coutumes ancestrales, «quelle audience et quel impact ont-ils dans la société ?» relève-t-on.
«La question qu’on doit se poser est la suivante : ces festivals contribuent-ils à lutter contre la dépersonnalisation, la déculturation, aident-ils à promouvoir un produit de l’agriculture ou de l’artisanat locaux ?» suggère la formatrice. «C’est bien, de partager dans une cantine scolaire ou un centre culturel un couscous le jour de Yennayer, mais c’est encore mieux de restaurer d’anciens villages kabyles et d’y tenir ce genre de manifestations.C’est ainsi qu’on peut valoriser sérieusement notre culture et tout ce qui s’y attache» ajoute-t-elle.

Des difficultés à foison

Dans les échanges, les obstacles qui empêchent le projet associatif d’aboutir et les associations d’avoir un fonctionnement sain et efficace ont été globalement identifiés et classés par catégories. Manque de vision clair du projet associatif, absence de motivation, carence de compétences, absence de perspective, disparités des efforts, conflit de leadership, intrusion du politique, manque de communication, absence de confiance, rareté des fonds…. Des difficultés internes à l’association jusqu’à ses conflits avec le monde extérieur, tout a été  étalé, épluché, analysé et remis à sa juste place. Les débats ont parfois débordé le cadre de la  situation-problème examinée pour toucher à l’emploi, au patrimoine, aux violences faites aux femmes… il y eut même une pause Achewiq dédiée aux femmes battues.

«Tout d’abord, il faut savoir que l’acte associatif est un acte noble, on s’investit bénévolement pour les autres. Cet acte doit se faire, dès le départ, sur des bases saines et des objectifs précis. L’association doit être épurée pour mieux avancer. Il faut en finir avec cette tendance à s’investir dans divers domaines. Il faut se spécialiser. Qui trop embrasse mal étreint, à vouloir faire tout on fait tout mal ou on ne fait rien» explique la consultante.

Se spécialiser, tenir des réunions régulières, susciter des débats, instaurer une bonne communication, reconstruire la notion de confiance, répartir judicieusement les rôles au sein de l’association…diverses orientations pratiques ont été dégagées à la fin des travaux pour en finir avec ces difficultés à foison qui empoissonnent la vie des associations, et avoir un mouvement associatif plus crédible, plus visible, plus présent et capable de répondre aux besoins des citoyens.

Le temps d’une journée, les associations Tiklat, Azar, Agora, Horizons, Ithri Ibouraïne…bénéficiaires de cette formation, ont, en plus d’avoir élargi leurs connaissances, renforcé leurs convictions dans la nécessité de travailler davantage pour la redynamisation du mouvement associatif.
 

Categorie(s): bejaia

Auteur(s): Boualem B.

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