Khelil à Madrid pour régler les litiges en suspens sur le gaz : L’Algérie et l’Espagne en quête de compromis

Elwatan; le Mercredi 4 Mars 2009
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Le différend algéro-espagnol dans le domaine de l'énergie refait surface. Le ministre de l'Energie et des Mines, M. Chakib Khelil, a eu à débattre, lundi à Madrid des litiges en suspens avec le ministre espagnol de l'Industrie, du Commerce et du Tourisme, M. Miguel Sebastian.
Les discussions entre les deux parties, algérienne et espagnole, ont porté sur l'examen de plusieurs questions, dont celles concernant les renégociations du prix du gaz entre Sonatrach et Gas Natural, le projet Medgaz, ainsi que la participation de cette entreprise espagnole dans ce projet, qui devra relier Béni-Saf à Almeria (sud de l'Espagne).
Les deux parties antagonistes ne sont pas encore parvenues à un accord palpable en mesure de mettre un terme à ce contentieux. Il y a d'abord, explique M. Khelil, le problème de la flexibilité du contrat de vente et d'achat de gaz qui renvoie dos à dos les deux entreprises Sonatrach et Gas Natural. Le ministre, rapporte l'APS, a précisé que ce problème a deux aspects : «L'un lié à la compensation pour des volumes que nous considérons comme ayant été pris en dehors des volumes contractuels et pour lequel nous pensons que Sonatrach devrait être compensée et l'autre au problème d'interprétation contractuelle de ce principe de flexibilité.»

Pour ce qui est du premier aspect, celui relatif à la compensation, les deux parties estiment que les deux entreprises «pourraient parvenir à un accord, mais on ne peut pas éviter le recours à un arbitrage sur la question d'interprétation de la clause de flexibilité des contrats», a laissé entendre le ministre de l'Energie et des Mines, précisant que ces entreprises «ne sont pas d'accord sur ce principe et on ne peut pas négocier».
Dans ce sens, le ministre a rappelé que l'arbitrage «est en cours et devra rendre son verdict cet été», indiquant qu'il concerne tous les aspects, y compris la question des prix. Selon le ministre, un compromis est toujours possible sur l'aspect des prix ou celui de la compensation. «On peut ne laisser à l'arbitrage que la question de l'interprétation de la clause de flexibilité et de celle dite de bouleversement», a-t-il soutenu encore.

M. Khelil a rejeté en bloc la question de la sécurité d'approvisionnement du marché espagnol à travers Medgaz soulevée à maintes reprises par la partie espagnole. Répliquant aux reproches émis par la partie ibérique, M. Chakib Khelil a souligné que Sonatrach a toujours assuré la sécurité d'approvisionnement de tous les marchés même durant les périodes les plus difficiles. «Tous les contrats d'approvisionnement ont été signés en majorité avec des compagnies espagnoles sur le long terme et une fois que le gaz quitte Beni Saf, il devient espagnol», a développé le ministre. Ce dernier n'a pas manqué de soulever sur sa lancée les problèmes «de type bureaucratique et de taxation» que rencontre Sonatrach sur le marché espagnol. M. Khelil a déploré le fait que la compagnie nationale des hydrocarbures détienne des participations très minoritaires dans plusieurs sociétés, contrairement aux entreprises ibériques qui détiennent en Algérie des parts majoritaires.
Cette «injustice» est vérifiable, selon M. Khelil, dans le dessalement de l'eau de mer, dans la centrale hybride solaire-gaz ou encore dans le fait que Repsol détienne la majorité dans ses contrats avec Sonatrach.

Categorie(s): economie

Auteur(s): Ali Titouche

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