L’absence de Bouteflika alimente la rumeur : Où est passé le Président ?

Elwatan; le Mercredi 8 Octobre 2014
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L’absence prolongée du chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, alimente les rumeurs les plus folles dans le Tout-Alger. «Où est passé Bouteflika ?» s’interroge-t-on dans les milieux politique et médiatique. Est-il en Algérie ou à l’étranger ? Comment se porte-t-il ? Reprend-il ses forces ou son état de santé s’est dégradé ? Les autorités politiques n’éprouvent aucune nécessité d’éclairer les Algériens sur autant de questions concernant directement la vie de l’Etat et de la nation.

La dernière apparition remonte au 21 septembre

Très affaibli par la maladie, le Président a disparu des écrans radars, laissant ainsi la rumeur élaborer les scénarii les plus improbables. L’incertitude politique plane alors que le pays fait face à des défis, voire des risques multiformes. En l’absence d’information et de communication officielle sur l’état de santé du Président, la rumeur et les spéculations prennent le relais. Les cercles politico-médiatiques susurrent que Bouteflika «fait des allers-retours en Suisse pour suivre des examens et des contrôles médicaux en raison d’une dégradation subite de son état de santé» que l’on sait déjà déclinante. Depuis sa prestation de serment au lendemain de sa reconduction pour un 4e mandat dans une atmosphère absurde, Bouteflika n’a depuis plus pris la parole publiquement. C’est un cas inédit dans les annales politiques.

Et pour palier cette carence, son entourage le montre de manière intermittente recevant des délégations étrangères avec des images de la télévision étatique honteusement truquées, comme ce fut le cas quand il a reçu le chef du d’Ennahdha tunisien, Rached Ghannouchi. Hier encore, la présidence de la République, contrastant avec les rumeurs persistantes sur l’aggravation de l’état de santé du chef de l’Etat, a fait part d’un mouvement partiel dans le corps de la magistrature. Serait-ce un cas avéré d’une activité présidentielle ?

En tout cas, la dernière apparition de Bouteflika, âgé de 77 ans, remonte au 21 septembre dernier présidant une réunion consacrée «à la sécurité». Les Algériens, qui le guettaient le jour de l’Aïd Al Adha pour savoir s’il allait accomplir la prière, comme le veut la tradition, ont pu constater qu’il a brillé par son absence. Mais bien avant cela, le président français, François Hollande, s’était entretenu au téléphone avec le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, et non avec le chef de l’Etat. Ce qui aurait fait dire au locataire de l’Elysée dans les coulisses de l’Assemblée générale de l’ONU que «Bouteflika ne peut plus parler». Une phrase lourde de sens et qui renseigne sur l’ambiance dominante tant en Algérie que chez les partenaires étrangers.

Absent lors de la prière de l’Aïd El Adha

On s’installe déjà et par anticipation dans l’après-Bouteflika. Des scénarii sont échafaudés dans les salons feutrés du pouvoir, et dans les capitales occidentales les spéculations vont à une grande vitesse. Des informations sur des noms de successeurs sont subtilement distillées.Pour une bonne partie de la classe politique algérienne, «la vacance du pouvoir est de fait et exige d’actionner rapidement l’article 88 de la Constitution pour constater la vacance du pouvoir».

D’autres acteurs politiques, et pas des moindres, ne manquent pas de s’interroger sur la manière avec laquelle sont gérées les affaires du pays, tant le Président concentre des pouvoirs énormes entre ses mains, mais surtout sur l’identité de ceux qui les gèrent.
Les décideurs qui pèsent lourdement dans les choix majeurs se préparent-ils à l’éventualité d’une disparition subite du chef de l’Etat ? «Je crains malheureusement que non», a glissé, sous le couvert de l’anonymat, un des candidats potentiels à la succession.

Une autre preuve que les détenteurs du pouvoir politique sont dans un dangereux «courtermisme». La reconduction de Abdelaziz Bouteflika pour un 4e mandat, alors qu’il était en incapacité avérée d’assumer ses fonctions présidentielles, était une option périlleuse pour le pays.
A court d’une alternative mais surtout pas unis sur la démarche à suivre, les décideurs ont reconduit le statu quo pour traverser la tempête. Mais au final, ils n’ont fait que reporter la crise. La conséquence s’avère encore plus grave alors que le contexte politique et économique interne et externe est des plus défavorables.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Hacen Ouali

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