L’armée d’Al Assad prépare une offensive : le camp palestinien de Yarmouk entre les mains des rebelles

Elwatan; le Mercredi 19 Decembre 2012
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Alors que le nord du pays est devenu dangereux en raison de la présence de djihadistes, un journaliste américain de la chaîne NBC News, Richard Engel, libéré en Syrie après y avoir été capturé il y a cinq jours, a affirmé avoir été enlevé par des «chabbiha», milices favorables au régime du président Bachar Al Assad. A Ankara, le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a appelé l’Iran, allié de Damas, à «envoyer des messages clairs» au régime syrien en vue de le pousser à mettre fin aux violences. Dans le sud de la capitale, les rebelles ont réussi à chasser d’une grande partie du camp de Yarmouk les milices palestiniennes favorables au régime, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui s’appuie sur un large réseau de militants et médecins en Syrie. Le quotidien Al Watan, proche du pouvoir, a affirmé que «l’armée se préparait à une opération militaire dans le camp». La moitié de la population a fui.

Un journaliste américain libéré

Des soldats interdisaient l’entrée nord du camp et une centaine d’hommes et d’enfants, chargés de valises, se préparaient à quitter les lieux à bord de camionnettes, a constaté une journaliste de l’AFP. «L’armée n’attaque pas d’en bas avec les chars mais d’en haut avec les avions», a lancé un habitant, en référence à un raid aérien meurtrier mené dimanche par le régime.
Par ailleurs, de nombreux Palestiniens, entassés dans des bus et des voitures, attendent d’entrer au Liban au poste-frontière de Masnaa, a constaté le photographe de l’AFP. Selon la Sûreté générale et l’UNRWA (agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens), 2000 Palestiniens ont traversé la frontière dimanche et lundi, mais hier l’affluence était encore plus grande. Le porte-parole de l’UNRWA à Jérusalem, Sami Mhasha, a indiqué que «selon des estimations prudentes, au moins 50% ont quitté ou quittent le camp pour trouver refuge dans d’autres quartiers de la capitale».     

La Syrie compte 490 000 Palestiniens, en majorité venus du nord de la Palestine lors de la première guerre israélo-arabe de 1948, rejoints par d’autres au fil des conflits. Beaucoup pensaient revenir rapidement chez eux et ont vécu d’abord dans des camps de tentes. Quand l’espoir du retour s’est évanoui, les tentes ont cédé la place à des maisons en dur puis à des immeubles. Les «camps» sont devenus des quartiers de Damas ou d’autres villes, entourés par des constructions informelles nées de l’exode rural. Ainsi, à Yarmouk vivent des Palestiniens mais aussi des Syriens pauvres.

«Nous ne pouvons pas dire pour le moment que quelqu’un a pris totalement le contrôle du camp», a indiqué, via Skype à l’AFP, Abou Al Soukan, un militant habitant le camp, soulignant que l’armée du régime, toujours déployée dans le quartier mitoyen de Tadamoun, pouvait revenir à tout moment. Dans la région de Hama, au centre de la Syrie, l’armée s’est retirée de plusieurs positions et localités du nord de la province à la suite d’attaques menées par les rebelles ces dernières 48 heures, a affirmé l’OSDH, précisant que des soldats ont été tués et des véhicules saisis.

Par ailleurs, la Russie, principale alliée avec l’Iran du régime syrien, a envoyé une nouvelle flottille de navires de guerre en Méditerranée vers les côtes syriennes, a indiqué le ministère de la Défense russe.

Categorie(s): international

Auteur(s): Rédaction internationale

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