La fin d’un cauchemar

Elwatan; le Samedi 3 Octobre 2015
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On a fini par ne plus savoir ce que pense le Premier ministre israélien du problème palestinien. Mais ce n’est pas grave, doit-on se dire, car ce qu’il fait en réalité depuis qu’il est à ce poste en 1996 en est révélateur. Il est tout simplement opposé à la création d’un Etat palestinien, et en a donné la preuve en intensifiant le processus de colonisation et vidé de son contenu l’accord de paix conclu avec les Palestiniens en 1993.

Qu’il dise depuis la tribune de l’ONU qu’il est «prêt à reprendre immédiatement des négociations de paix directes avec les Palestiniens sans aucune condition préalable» n’étonne pas, et d’ailleurs même ses plus proches alliés refusent de le croire, n’hésitant plus à recommander des voies de sortie de cette impasse, et même à envisager des initiatives. Sonner les cloches, comme diraient d’autres, car eux aussi ressentent et même subissent les effets de ce conflit.

En vérité, les Palestiniens ont réussi, mercredi à l’ONU, une opération majeure, en impliquant pleinement l’institution internationale, brisant donc ce cercle fermé du face-à-face, et fixant strictement le contenu de la négociation si elle venait à reprendre. A cet égard, le leader palestinien en sait quelque chose, et même beaucoup. La négociation, a-t-il rappelé mercredi, suppose au moins deux parties, une feuille de route et un strict respect de ce qui a été conclu.

Ce qui n’a plus été le cas depuis l’assassinat de l’ancien Premier ministre israélien, Yitzhak Rabin, en novembre 1995, pour cause de paix avec les Palestiniens. Tous ceux qui lui ont succédé ont donné un autre sens à la négociation en refusant le principe de base qui est la solution dite à deux Etats fondée sur les résolutions de l’ONU. De ce point de vue, Mahmoud Abbas s’est montré conséquent en déclarant ne plus se considérer comme lié par les accords avec Israël, car celui-ci ne les respecte pas, et a dénoncé la poursuite de la colonisation israélienne en Cisjordanie.

Le message s’adresse aussi à tous ceux qui, d’une certaine manière, culpabilisaient les Palestiniens et les soumettaient à d’intolérables pressions. Fini le mensonge, a donc décidé le leader palestinien, qui, dès 1992, avait pris le chemin de l’opinion internationale qui en a pris acte en lui réservant un accueil remarqué, une place et un drapeau à l’ONU. Un signal fort perçu visiblement comme tel par Israël qui constate par ailleurs une nette évolution de la situation internationale.

Le discours de Netanyahu à l’ONU s’en est visiblement inspiré. Mais là s’arrête le rapprochement, car seuls les actes comptent et la classe politique israélienne toutes tendances confondues a montré son opposition à la satisfaction des droits nationaux du peuple palestinien. C’est ce que ses dirigeants appellent depuis des décennies les questions consensuelles portant aussi sur les autres territoires arabes occupés, les frontières et l’eau, un sujet rarement abordé. N’est-ce pas là une réelle menace pour la paix mondiale ? Quant aux Palestiniens, ils savent qu’ils n’ont plus rien à perdre.
 

Categorie(s): edito

Auteur(s): Mohammed Larbi

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