La fin du monde, ce n’est pas pour aujourd’hui !

Elwatan; le Vendredi 21 Decembre 2012
72991


Meriem est femme au foyer. En compagnie de ses plus jeunes enfants, elle soupèse des légumes dans un marché à l’est d’Alger. La date du 21 décembre, prétendue fin du monde née de l’agrégation de théories millénaristes, la trouble quelque peu. «Je ne sais pas. Voyez-vous, je suis croyante, mais tous ces reportages à la télévision, qui s’appuient sur des données scientifiques, ça m’inquiète», confie-t-elle en insistant sur sa foi inébranlable. Farida, une autre cliente, la quarantaine, l’interpelle : «Voyons, madame, ce sont des foutaises, il ne faut pas croire tout ce qu’on voit à la télévision ! N’écoutez pas ces idioties, seul Dieu sait ce qui nous attend.»


Faux débat


La discussion commence à intéresser les gens aux alentours. Un adolescent glisse son avis, le visage fendu d’un grand sourire : «Mais vous savez, ça tombe un vendredi, comme le prédit la religion !» Il tente de déstabiliser Meriem, qui avoue : «En tout cas, je vais passer une mauvaise nuit vendredi.» «L’ignorance leur fait gober n’importe quoi», chuchote Sarah, une jeune étudiante à la faculté d’Alger. Elle n’avait encore jamais abordé ce sujet. Pour elle, c’est un faux débat. La plupart des Algériens rencontrés sont du même avis. Le sujet de la fin du monde prévue par une ancienne civilisation les laisse de marbre. Les documentaires alarmistes et autres soirées spéciales programmées sur plusieurs chaînes étrangères ne les intéressent pas, ils préfèrent les chaînes orientales où des prédicateurs enturbannés rassurent. On s’en amuse, on ironise, on se moque.

«C’est rigolo», déclare Amine, laconique. L’informaticien n’accorde de crédit ni aux documentaires alarmistes ni aux prédicateurs. «Je trouve drôle que certaines personnes aient peur, y compris parmi mes amis, explique-t-il. Khalina ! Moi, je me prépare une soirée bien sympathique, au moins, si on doit mourir, on mourra rassasiés !» .


Religion VS science


Abdelkader, cadre dans une entreprise, a, quant à lui, entendu parler de la «terrible prophétie» il y a près de quatre ans. «J’ai lu quelques livres autour de ce thème et je sais très bien ce que dit la religion à ce sujet. Et religion et science se rejoignent sur plusieurs points», explique-t-il très doctement avant de se lancer dans des explications détaillées sur ce que prévoient les cosmologistes, en adéquation avec certains versets du Coran, mais pour lui, «la fin du monde n’est pas pour demain». Le jeune homme connaît visiblement bien son sujet. Il est d’autant plus exaspéré par ceux, dans son entourage, qui y croient fermement. «J’ai un cousin, aux Etats-Unis, qui y croit vraiment et qui se prépare pour y faire face, s’étonne-t-il. Ils auront l’air bien idiot le 22 décembre !»

Categorie(s): international

Auteur(s): Nesrine Sellal

Commentaires
 

Vous devez vous connecter avant de pouvoir poster un commentaire ..