La Forem préconise la peine de mort contre l’auteur du crime : L’assassinat de la petite

Elwatan; le Lundi 24 Decembre 2012
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On frappe à la porte, elle accourt naturellement pour ouvrir. Face à elle, le dernier visage qu’elle aura à voir de sa courte vie. Elle s’appelait Chaïma, kidnappée est retrouvée morte dans le cimetière de Mahelma, à Zéralda, il y a deux jours. Son visage angélique fait le tour de la Toile, suscitant émoi et indignation. Elle a été enterrée samedi, laissant derrière elle un vent de peur et de panique de voir d’autres Chaïma emportées par cette violence effroyable et une bourrasque de questions. A qui la faute ? Le manque de prudence des parents ? L’inefficacité des services de sécurité ? L’absence de plan d’alerte pour retrouver les enfants kidnappés ? Les tabous qui gardent secrètes ces histoires de violences qui bercent notre société et qui commencent déjà dans les maisons ?

En Algérie, 50 000 enfants sont maltraités chaque année, selon les études réalisées par la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche médicale (Forem). Une moyenne terrifiante de 5 enfants victimes de violence chaque heure. On frappe, on rabroue, on corrige sans retenue et, pire encore, on viole. Plus de 10 000 abus sexuels chaque année. Petit calcul pour rendre cette réalité plus nauséabonde : près de 850 cas par mois, plus de 27 par jour. Une agression sexuelle contre un enfant par heure dans le pays. Chaïma n’aurait pas subi de sévices sexuels, mais son ravisseur l’aura battue férocement avant de l’étouffer.


La peine de mort pour punir l’auteur du crime


Les maltraitances à l’égard d’un enfant impliquent des peines d’emprisonnement allant d’un à cinq ans et d’une amende de 500 à 5000 DA, selon l’article 261 du code pénal. Quant à l’auteur d’un infanticide, il est puni de la réclusion à temps de dix à vingt ans selon l’article 261. Ces dispositions juridiques ne seraient pas suffisantes. Pour la Forem notamment. «La peine de mort doit être rétablie dans les cas d’enlèvement, d’agression sexuelle et d’assassinat d’enfants», insiste Mustapha Khiati, président de la Forem, dans une déclaration faite sur les ondes de la Radio nationale. Le cas de la petite Chaïma, tout comme chaque cas d’enfant enlevé et violenté, est pour lui «la disparition de trop». «Nous sommes parmi les gens qui disent qu’en cas d’enlèvement d’enfant, suivis d’agression sexuelle et d’assassinat, la peine de mort doit être rétablie, car dans ce genre de situation, c’est la société qui est ébranlée et ce sont ses fondements qui sont touchés» ajoute-t-il.

Le Pr Khiati n’a pas manqué de suggérer la création d’une structure de coordination entre les différents ministères afin de bien faire face à ces fléaux.
Sensibiliser au jour le jour sur la violence à l’égard des enfants, notamment en cassant les tabous qui l’entourent serait un premier pas. Pour lutter contre le kidnapping d’enfants, l’Algérie pourrait prendre exemple, pour commencer, sur ce qui se fait ailleurs, aux Etats-Unis et au Canada (plan «Alerte Amber») ou en France (le plan «Alerte Enlèvement»), des plans qui reposent sur des conventions signées entre le ministère de la Justice et les principaux médias, les grandes entreprises de transport de voyageurs, les sociétés d’autoroutes, les ports et les aéroports notamment. En attendant, la prudence est de mise.

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Bouredji Fella

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