Le bon départ ?

Elwatan; le Samedi 22 Decembre 2012
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 Le simple bon sens ou encore une règle non écrite voudraient que chaque visite d’un chef d’Etat marque un nouveau départ pour les relations avec le pays auquel il vient de consacrer une visite. C’est le signe que les relations en question sont au moins bonnes, et qu’il faille leur faire franchir une nouvelle étape. Si c’est bien la règle en relations internationales, qu’en est-il alors entre l’Algérie et la France ? Pour ainsi dire, les nouveaux départs n’ont pas manqué, tout comme les déclarations d’intention, dont la juxtaposition aurait permis de gratifier les relations bilatérales de la mention «excellente», ouvrant même la voie de l’exception, laquelle reste unique par définition. Sauf que cela n’est pas le cas, car bien au contraire, et des deux côtés de la Méditerranée, l’on ne manque pas de s’interroger sur le bon départ à l’approche de chaque visite à un tel niveau.

Quand est-ce qu’il y en aura un, finit-on par s’interroger ? On n’en veut pour preuve que cette masse d’accords conclus parfois laborieusement et d’engagements annoncés de manière solennelle. Mais sans lendemain. Mais pourquoi n’y en a-t-il pas ? Coups de tête, coups de gueule, passion ont au contraire caractérisé cette relation. Comme en janvier 1992 avec ce «il faut» du défunt président François Mitterrand. Ou en octobre 1995 quand il a fallu tout simplement annuler la rencontre prévue au siège de l’ONU entre les présidents Liamine Zeroual et Jacques Chirac. Au point que les dirigeants algériens en soient venus, il y a vingt ans, à appeler à sa normalisation. Une idée contestée au départ par la partie française, mais qu’elle a fini par partager. Cela valait le coup, doit-on alors se dire, avec tous ces dossiers qui remplissent les tiroirs, ou encore de cette perspective que les relations internationales contemporaines obligent à entrevoir.

Encore le bon sens comme celui qui consiste à ne pas se payer de mots et aller à l’essentiel. «On veut savoir ce qu’il y aura dedans», déclarent les officiels algériens. «Des actes», promet le président français. Ce qu’il y a de remarquable cette fois, c’est ce plan sur cinq ans, avec un mécanisme de suivi doté d’attributions et d’un agenda précis. On saura alors si ce qui a été décidé, et pas seulement en termes d’investissements, a été effectivement entrepris. C’est aussi en finir avec les malentendus qui consistent parfois à reproduire ce qui vient d’une autre partie, ou même à prendre fait et cause. Plutôt qu’un nouveau départ, est-ce le bon cette fois ? Les relations bilatérales algéro-françaises en ont bien besoin.

Categorie(s): edito

Auteur(s): Mohammed Larbi

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