Le chef de l’armée a également péri dans l’attentat : Le président bissau-guinéen tué par des militaires

Elwatan; le Mardi 3 Mars 2009
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Le président bissau-guinéen, Joao Bernardo Vieira, a été tué par des militaires hier à Bissau, quelques heures après l'assassinat du chef d'état-major de l'armée, le général Tagmé Na Waié, mort dans un attentat à la bombe, a annoncé un haut responsable militaire.
«Le président Vieira a été tué par l'armée au moment où il tentait de fuir sa maison attaquée par un groupe de militaires proches du chef d'état-major Tagmé Na Waié hier matin», a déclaré le capitaine de frégate Zamora Induta. «Il a été fauché par des balles tirées par ces militaires.» Le capitaine, responsable des relations extérieures de l'armée, a aussitôt accusé le chef de l'Etat d'avoir été «l'un des principaux responsables de la mort de Tagmé». «Le pays va démarrer maintenant. Cet homme a bloqué tous les élans dans ce petit pays», a déclaré l'officier. Joao Bernardo Vieira (dit «Nino»), 69 ans, a passé quasiment 23 ans à la tête de la Guinée-Bissau, pays d'Afrique de l'Ouest situé entre le Sénégal et la Guinée. Il avait été réélu à la présidence en 2005, six ans après la fin de la guerre civile de 11 mois (1998-99) qui l'avait chassé du pouvoir. «C'est la démocratie qu'on assassine», a déclaré hier à l'AFP le secrétaire exécutif de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédeao) Mohamed Ibn Chambas, à l'annonce de la mort du président Joao Bernardo Vieira, tué à l'aube par des militaires.

Dimanche soir, vers 20h, le chef d'état-major des forces armées, le général Tagmé Na Waié, a été mortellement blessé dans un attentat à la bombe contre le quartier général de l'armée. «Le général était dans son bureau quand la bombe a éclaté. Il a été grièvement atteint et n'a pas survécu à ses blessures», a annoncé son chef de cabinet, le lieutenant-colonel Bwam Nhamtchio, en pleurs lorsque l'AFP l'a joint par téléphone dimanche soir. Selon un garde du corps du général, témoignant anonymement auprès de l'AFP, l'engin de forte puissance avait été placé sous l'escalier menant à son bureau. «A peine était-il monté sur les premières marches que la bombe a été actionnée», a-t-il dit. Ces derniers mois, le chef des armées et le président nourrissaient une profonde défiance réciproque.
Début janvier, le général Na Waié avait affirmé avoir échappé à une tentative d'assassinat et avait accusé le clan présidentiel d'avoir voulu le «liquider». Selon lui, des soldats en faction avaient ouvert le feu au passage de sa voiture devant le palais présidentiel. Le 23 novembre 2008, un groupe de militaires avait mené une attaque de nuit contre la résidence du président Vieira, faisant deux morts au sein de sa garde. Le président avait alors reproché au général Na Waié de ne pas être intervenu.

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Auteur(s): R. N.

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