Le classique et le désuet…

Elwatan; le Mercredi 4 Mars 2009
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Les enseignants ont, à l’issue d’un récent regroupement pédagogique, été destinataires d’une brochure les invitant à se mettre au diapason en matière d’évaluation.

Des documents, élaborés à cet effet, mettent en exergue les nouveaux outils sur lesquels devrait désormais s’appuyer l’évaluation dite certificative.
Les brochures rappellent les objectifs d’intégration de la 5e année primaire et dressent un éventail d’impératifs techniques auxquels devrait répondre l’évaluation de nos jours. Le souci de la tutelle est d’inviter bien sûr les instituteurs à mettre au musée l’évaluation classique, archaïque et obsolète. Que lui reproche-t-on ? L’examen a de tout temps visé la restitution de savoirs ou de contenus dispensés dans un processus de gavage. Les élèves emmagasinent une légion de connaissances tous azimuts au seul souci de les déverser au premier test auquel ils sont soumis. Après quoi, il ne reste rien des notions dont on leur aura bourré le crâne.
La mémoire reste la seule faculté qui est sollicitée à l’examen.
C’est différent avec les nouvelles techniques d’évaluation, qui elles passent en revue les aptitudes et les habiletés. Où est donc le problème ? Des enseignants, par crainte de sanctions et, obéissant au seul impératif d’avoir les meilleurs résultats possibles en fin d’année, mettent au placard l’approche par compétence introduite dans la réforme de l’école.
Les praticiens qui travaillent laborieusement avec les nouvelles techniques et rompent les ponts avec les méthodes passives, ex cathedra, qui s’étaient illustrées par une débâcle inqualifiable portent tous leurs efforts sur la nouvelle méthode d’enseignement et s’occupent à faire primer l’enseignement des compétences sur celui obsolète des contenus. Conséquence : les plus au diapason se feront inévitablement devancer en matière de résultat final : l’examen de passage. Ceux qui préconisent les anciennes pratiques ont l’avantage incontesté de pouvoir obtenir les meilleurs résultats.
Une question taraude les esprits ; les enseignants vont-ils abdiquer et rester esclaves d’un système d’évaluation qui continue contre vents et marées à donner la primauté aux savoirs morts, sur les compétences, pierre angulaire et principale assise de la nouvelle approche ? En somme, avec un système qui ne lésine sur aucun moyen pour transformer l’échec consommé en «prouesses et réalisations grandioses», il est difficile de rester fidèle à sa vocation et de continuer à œuvrer avec conviction.

Categorie(s): actu kabylie

Auteur(s): Zoubir Zaïdi

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