Le dossier du crédit à la consommation finalisé d’ici la fin du mois : la caractérisation du produit local objet de désaccord

Elwatan; le Lundi 18 Novembre 2013
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Certaines questions restent encore à trancher car ne faisant pas encore l’objet de consensus au sein de la sous-commission qui planche sur le sujet et qui comprend des représentants des ministères des Finances et du Commerce, de l’ABEF (Association des banques et des établissements financiers), du patronat et de l’UGTA, selon le secrétaire général de la Fédération nationale des travailleurs du textile, affiliée à l’UGTA, Amar Takjout, membre de la sous-commission. Le dossier doit cependant être bouclé «le 28 novembre», et ce, en prévision de la tripartite sociale de décembre qui permettra «d’avaliser le travail technique» réalisé au nouveau des sous-commissions installées lors de la dernière tripartite, notamment celui concernant la réinstauration du crédit à la consommation.

Pour rappel, une instruction du Premier ministre,  Abdelmalek Sellal, adressée aux membres du gouvernement l’été dernier, annonçait le retour imminent du crédit à la consommation qui aurait pu l’être dans le cadre de la loi de finances 2014, il n’en a cependant rien été. Des économistes ont alors soulignés qu’il n’est pas évident d’instaurer un crédit couvrant uniquement la production locale quand on sait que 70% des besoins des ménages algériens sont importés. Il faudra donc se mettre d’accord sur la «caractérisation du produit local», précise notre interlocuteur. On avait parlé dans un premier temps d’un crédit à la consommation destiné à la production locale, auquel on avait adjoint par la suite tous les produits assemblés en Algérie. Aujourd’hui, on évoque tous les produits fabriqués en Algérie avec un taux d’intégration appréciable, mais qui reste cependant à déterminer.

Ni quantité ni qualité !

La réinstauration du crédit à la consommation vise à redynamiser l’entreprise nationale en alimentant son carnet de commande, même si pour certains experts, les entreprises nationales n’ont ni les quantités ni les qualités nécessaires pour répondre aux besoins du marché national. Il s’agit également de mettre à contribution un système bancaire en surliquidités, alimenté notamment par des dépôts des ménages en augmentation. Selon le représentant de la centrale syndicale, les propositions faites au niveau de la sous-commission oscillent entre 30, 40 et même 50% de taux d’intégration, mais «la discussion est encore au stade de la réflexion». A titre indicatif, pour le véhicule Renault qui sera fabriqué en Algérie, on a déjà fixé au niveau des partenaires un taux d’intégration de 42% qui passera à terme à 80%.

Du côté du patronat, «il n’y a aucun inconvénient au retour du crédit à la consommation pour le produit local», mais on ne parle par de taux d’intégration. Pour Abderrahmane M’henni, président de la Confédération des industriels et des producteurs algériens (CIPA), le produit local signifie «tout produit national fabriqué en Algérie». Il peut être l’œuvre d’entreprises publiques ou privées. «Il n’y a pas de différence entre les deux», comme il peut être issu des procédés «CKD, SKD».

De son côté, Djamel Mezine, secrétaire général de l’Association générale des entrepreneurs algériens (AGEA) estime qu’appliquer «un taux d’intégration quelconque n’a aucun sens et ne doit pas exister, l’essentiel est que ce soit un produit monté en Algérie par une main-d’œuvre algérienne, car le but est de booster la production nationale qui est actuellement bloquée». L’autre but étant de limiter les importations «aux seuls produits dont le marché a besoin», selon M. M’henni puisque, de toute manière «il n’ y a aucun pays au monde qui peut répondre à 100% aux besoins de sa population par sa seule production nationale», précise pour sa part M. Mezine. 

Labelliser le produit algérien

Mais avant la réinstauration de ce crédit, il faudra régler d’autres questions en suspens. Pour Abderrahmane Benkhalfa, expert en économie, «le ministère du Commerce doit instituer un label algérien pour prévenir la triche». Le produit algérien doit être «labellisé pour déterminer son origine et ne pas compter uniquement sur le principe déclaratif».  Ce label serait donné par «une autorité comme la Chambre du commerce ou les chambres locales». Le seuil plafond du crédit accordé par les banques est également objet de négociation puisque, selon M. Takjout, les propositions qui ont été faites vont de 200 000 à 500 000 DA, car il fallait prendre en considération la possibilité pour un emprunteur d’acheter plusieurs produits domestiques en même temps.  Les derniers points encore discutés concernent l’implication des assurances dans l’opération pour garantir le crédit en cas d’insolvabilité du client, ainsi que la prise en compte des capacités de remboursement des emprunteurs à travers un taux de prélèvement qui «ne dépasserait pas les 30% du salaire pour ne pas affaiblir le pouvoir d’achat», précise M. Takjout.

Quid de la centrale des risques ?

Pour cela, il faudra que la centrale des risques des ménages actuellement en cours de réalisation par la Banque d’Algérie soit opérationnelle afin d’éviter «le surendettement des ménages, qui sont déjà endettés». La réalisation de cette centrale censée comptabiliser les crédits aux ménages est en réalisation depuis un moment déjà. C’est «une mégacentrale», note M. Benkhalfa, ce qui expliquerait qu’elle ne soit pas encore achevée. Toutefois, selon l’ancien délégué général de l’ABEF, en attendant son achèvement, on pourrait mettre en place «une centrale transitoire générée par un établissement financier de type Satim qui serait chargée de constituer une base de données intermédiaire de tous les nouveaux crédits, individu par individu». Pour le moment, le seul crédit à la consommation donné par les banques est le crédit immobilier auquel «3 millions de citoyens» ont souscrit, mais pour l’heure les situations de surendettement n’exist pas, rassure-t-il.                

Categorie(s): economie

Auteur(s): Safia Berkouk

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