Le Portugal au bord de la banqueroute : L’Europe sous la menace d’une nouvelle crise

Elwatan; le Lundi 28 Mars 2011
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A    ussitôt la sanction des marchés et des agences de notation est tombée, menaçant le pays d’une rupture de financement à court terme, selon des analystes cités par l’AFP. Ainsi, les agences Fitch et Standard and Poor’s (SP) ont dégradé jeudi de deux crans la note de la dette portugaise. «Fitch ne croit plus que le Portugal puisse conserver un accès au marché à des conditions favorables cette année», a affirmé cette agence dans un communiqué, jugeant que la probabilité d’une aide financière extérieure «à court terme» avait «considérablement augmenté». Une aide que le Portugal refuse toutefois considérant, selon les propos de son premier ministre démissionnaire qu’il n’a «pas besoin» d’un plan de sauvetage».


Le chef de file des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker, a néanmoins assuré vendredi en marge d’un sommet européen à Bruxelles que «si le Portugal devait nous demander de l’aide et je n’ai aucune raison de penser que cela va se produire, le parapluie financier que nous avons mis en place suffira», avait assuré vendredi les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE qui se sont dans le même temps dit prêts sous condition à aider Lisbonne et M. Juncker a même évoqué un montant possible de 75 milliards d’euros. Mais l’Allemagne met la pression sur Lisbonne. Les différents partis politiques ne doivent pas seulement s’engager à réduire les déficits, mais aussi «dire publiquement, clairement, quelles mesures on propose», a dit la chancelière Angela Merkel.


Selon les analystes, la menace pèse clairement sur la zone euro, car l’incertitude devrait durer plusieurs semaines au Portugal qui s’avance vers des élections anticipées. Si ce scrutin est convoqué, il n’aura lieu que 55 jours plus tard comme prévu par la Constitution, ce qui reporterait d’autant tout plan de sauvetage. Or, selon une source européenne, le Portugal ne devrait pas demander d’aide avant les élections, qui devraient avoir lieu fin mai ou début juin. Pendant, ce temps, la pression des marchés augmente. Les taux portugais à dix ans ont atteint vendredi en séance un nouveau plus haut depuis l’entrée du pays dans la zone euro (1999), à 7,79%, contre un peu plus de 4% il y a un an. «Le marché traite déjà les obligations portugaises comme des titres pourris, il faut donc s’attendre à des dégradations supplémentaires», a relevé la banque ING dans une note d’analyse. «La spirale d’informations négatives concernant le Portugal se poursuit avec vigueur», a résumé vendredi la Commerzbank.   


La Chine à la rescousse !


Le Portugal doit rembourser 4,2 milliards d’euros de dette le 15 avril et, encore 4,9 milliards le 15 juin. Selon les économistes interrogés par l’AFP, ce pays devrait avoir suffisamment d’argent pour faire face à l’échéance d’avril, mais être incapable de financer les remboursements de juin, sans nouvel emprunt. En outre, «les banques pourraient se retrouver à court de liquidités bien avant le gouvernement, comme ça a été le cas en Irlande», a estimé Daniel Gros, du Centre d’études des politiques européennes, cité par la même agence.  Les entreprises publiques de transport sont déjà au bord de la «rupture financière» et menacées de ne plus pouvoir verser les salaires, a affirmé le quotidien portugais Jornal de Negocios.  Selon certains analystes, la solution pourrait passer par des «prêts relais sous forme de placements directs de dette, qui aideraient le pays à trouver les fonds dont il a besoin jusqu’à juin».

La Chine, qui, selon des informations de presse, aurait déjà acheté plus d’un milliard d’euros de dette portugaise en janvier, s’est dite prête jeudi à «renforcer ses liens» avec le Portugal. Face au «pic de refinancement» du 15 avril, la Banque centrale européenne pourrait une nouvelle fois racheter des obligations portugaises «avant et après» cette date afin de faire baisser la pression des marchés, selon Gilles Moec, économiste à la Deutsche Bank.     
Par ailleurs, les dirigeants de l’Union européenne ont entériné en fin de semaine un vaste dispositif de défense contre les crises de la dette portant la capacité effective de prêt du Fonds de soutien aux pays de la zone euro en difficultés de 250 à 440 milliards d’euros
Pour rappel, la Grèce avait bénéficié d’un prêt de 110 milliards et l’Irlande de 85 milliards d’euros.             
 

Categorie(s): internationale

Auteur(s): S. B.

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