Le réalisateur Malek Bensmaïl autour du film “la Chine est encore loin” : «Pour moi, il n'y a pas de polémique ni de censure...»

Elwatan; le Mardi 18 Mai 2010
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La ministre de la Culture, Khalida Toumi, invitée, samedi dernier, lors de l'émission radiophonique «En toute franchise» de la Chaîne III, réagisant à l’issue d’un article paru dans El Watan Week-end, a déclaré qu’«elle poursuivrait en justice le réalisateur Malek Bensmaïl, auteur du film La Chine est encore loin et ce pour l’obliger à dire la vérité quant à un cas de censure.
Le concerné, le cinéaste Malek Bensmaïl, contacté par téléphone depuis Paris, se dit étonné par cette déclaration : «Je ne vois pas d'où vient cette polémique ? Je crois que Mme la ministre est mal renseignée par son entourage. C'est de là que vient le quiproquo, me semble-t-il... Le film a été montré «officiellement» lors du panorama du festival de cinéma «Alger, capitale culturelle arabe 2007», en mars 2008 si mes souvenirs sont bons. Le film a été vu également par le cabinet de Mme la ministre.
La deuxième tranche d' «Alger, capitale culturelle arabe» a été versée, plus d'un an et demi après qu'une copie du film fût déposée auprès du CNCA par le producteur algérien Hachemi Zertal, (Cirta Films.). Enfin, le visa d'exploitation a été demandé il y a plus d'un mois et demi toujours par son distributeur Cirta Films. Avec Hachemi Zertal, nous voulions faire une sortie simultanée France-Algérie. Pour moi, il n'y a pas de polémique, ni censure puisque nous n'avons reçu aucune lettre de refus à ce jour. 

La demande est en cours et nous attendons patiemment une réponse qui, je l'espère, sera positive. Mon producteur algérien, Hachemi Zertal, se tient à la disposition du ministère pour apporter l'ensemble des justificatifs...»

Hachemi Zertal, producteur et distributeur (Cirta Films) du film La Chine est encore loin, se trouvant à Cannes, abondera dans le même sens :
«Mme la ministre dit que le film La Chine est encore loin ne correspondant pas au scénario. C’est faux. D’abord, c’est un scénario de documentaire intelligemment écrit dans la démarche qui a été inscrite dans le scénario. A aucun moment, nous n’avons dévié du scénario. D’autre part, j’ai remis comme prévu une copie Beta-Num (numérique). Depuis le début, quand on a signé le contrat entrant dans le cadre de Alger, capitale arabe (événement culturel), nous avons précisé que La Chine est encore loin est un long métrage-cinéma. Un récépissé nous a été délivré à l’issue du dépôt du film au niveau du CNCA en octobre 2008. Ni moi ni Malek Bensmaïl avions parlé de censure et à aucun moment. On attend la réponse du visa d’exploitation comme pour les autres films.

Je tiens à rappeler que le réalisateur Rachid Bouchareb de Hors-la-loi a été tellement subjugué par La Chine est encore loin qu’il a tenu à le coproduire sous le label Tadrart Films ( distribuant le film en France). Nous ne cherchons pas la confrontation. C’est un film qui honore notre pays…» Jointe, hier, par téléphone, Mme Zehira Yahi, chef de cabinet du ministère de la Culture déclarera à propos du film La Chine est encore loin :
«Mme la ministre a demandé à la direction du cinéma -auprès du ministère de la Culture- si une demande de visa d’exploitation a été déposée pour le film La Chine est encore loin. Le ministère n’a rien reçu. Et en plus, il (Malek Bensmaïl) n’est pas en règle avec la subvention qu’il a reçue en 2007…»

Le pitch du film La Chine est encore loin ? Le 1er novembre 1954, un couple d’instituteurs français et un caïd algérien sont victimes d’une attaque meurtrière près de Ghassira, un petit village chaoui. Cet acte marque le début de la guerre pour l’indépendance de l’Algérie. 50 ans après, Malek Bensmaïl pose sa caméra dans cette région considérée comme le «berceau de la révolution» et interroge ses habitants sur leur rapport à l’histoire, à la langue, à la France...

Des écoliers d’aujourd’hui aux témoins d’époque, c’est l’Algérie contemporaine qui se donne à voir, entre acceptation et révolte, entre mémoire et présent.
Malek Bensmaïl a reçu un précieuse caution. Une lettre que le cinéaste Bertrand Tavernier
( présent à Cannes en ce moment) a adressé à Radio France Inter à propos de son film :
«Je vous conseille vivement d’aller voir un très beau documentaire algérien. C’est très beau à voir, méditatif et touchant…»

Categorie(s): culture

Auteur(s): K. Smaïl

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