Le sourire des enfants

Elwatan; le Samedi 11 Octobre 2014
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Connaissez-vous Malala ? Difficile de dire non tant son nom et surtout son visage sont sur tous les écrans depuis deux années. Rappelons-nous ce sourire crispé, et pour cause, Malala Youzafsai, adolescente pakistanaise, venait d’échapper à la mort après avoir revendiqué, dans son pays, le droit des filles à l’éducation. Il fallait oser, surtout à son âge, dans une société conservatrice comme la sienne, revendiquer de tels droits. Et c’est son combat qui l’a révélée au monde. Tout comme l’Indien Kailash Satyarthi, lui aussi engagé dans le combat «contre l’oppression des enfants et leur droit à l’éducation».

Tout cela par des moyens pacifiques. Sans heurt. Une bien belle récompense, et avant cela une reconnaissance d’un combat mené en silence et surtout, devrait-on dire, malgré le risque encouru. De ce point de vue, Malala a eu beaucoup de chance, même si elle a parcouru le monde pour faire soigner ses blessures et retrouver quelque peu son sourire d’adolescente. Qui aurait cru que ce combat soit récompensé et de cette manière ? Certainement pas elle ! On ne pense pas au Nobel à son âge – tout juste 15 ans à l’époque – ni aux conséquences de son coup de colère. A commencer par cette tentative d’assassinat dont elle garde des séquelles. Il a d’ailleurs fallu du temps et de nombreuses interventions pour l’aider physiquement et moralement à s’en remettre et poursuivre son combat d’abord sur les bancs des écoles. Un principe qu’elle applique à elle-même.

C’est là justement la surprise créée cette année par le choix du comité Nobel, cette prestigieuse institution qui a décidé, cette fois, de rompre avec ce qui tient lieu de tradition. Elle a tout simplement décidé que le Prix Nobel de la paix ne sera pas attribué, cette année au moins, à un homme politique comme le veut une règle non écrite. Il ne s’agit pas, pour elle, de revenir sur des promesses non tenues ou de simples discours, et encore moins de récompenser un acte qui n’existe pas comme en témoigne l’année qui s’écoule. Un besoin pressant de paix, avec des points de tension comme autant d’abcès de fixation.

C’est l’image que renvoie le monde, et elle n’incite guère à l’optimisme. Pourquoi alors ne pas encourager le travail d’éducation, surtout quand il est mené et porté dans des contrées où l’expression n’est pas toujours aisée ? Elle expose même son auteur aux pires exactions. L’éducation, rappellent aussi les membres du comité Nobel, c’est le savoir, donc moins de domination sinon aucune, plus de tolérance, une meilleure connaissance entre les hommes et les nations. En somme, aider le monde à s’éloigner des guerres, en attendant de les bannir. Tout un programme basé sur la simple connaissance à inculquer d’abord aux enfants pour en faire les citoyens de demain, car l’inverse ouvre la voie à tous les abus ; le monde en a connus et ne cesse d’en connaître. Et demain, c’est aujourd’hui.

Categorie(s): edito

Auteur(s): Mohammed Larbi

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