Le va-t'en-guerre de la génération facebook : Nadhafa, l’association qui dépoussière Souk Ahras

Elwatan; le Jeudi 9 Octobre 2014
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Ses membres fondateurs, issus d’horizons différents, se sont fixé un seul objectif : nettoyer la ville. On les voit sillonner les quatre coins de la cité, munis de pelles et de pioches, trainant des bacs à ordures à la rue des Jardins, trimballant des jerricans place de l’Indépendance, débroussaillant par ici, transportant des sacs d’ordures ménagères par là… Le tout dans une ambiance conviviale où le sourire et la bonne parole accompagnent les gestes.

Abdelmoumen Semida, son président, nous livre ses premières impressions : «Lors de nos premières sorties sur le terrain, tous les membres de l’association apprehendaient le premier contact avec les habitants des quartiers ciblés (…). Contrairement à ce que tous redoutaient, ces mêmes habitants ont fait preuve d’une grande adhésion et au lieu d’un volontariat limité aux seuls membres de l’association, nous avons réussi à drainer une armée de benévoles. Mieux encore, à chaque sortie, la liste de sympathisants et des volontaires s’est allongée. Les habitants de Souk Ahras attendaient l’initiative et je crois que nous venons de la provoquer.»

Une virée du côté des quartiers «visités» par l’association  Nadhafa nous a permis de constater que des rues naguère crasseuses et difficieles à emprunter à cause des odeurs nauséabondes, ont été totalement débarrassées des immondices et de ces fatras d’objets abandonnés par les riverains ; des escaliers-pissotières et des impasses fourre-tout ont été peints aux couleurs de l’arc-en-ciel, des caves où nichaient les chiens et proliféraient les rongeurs sentent les detérgents et l’insecticide… Bref, une métamorphose des sites qui accusaient une dégradation avancée.

Les membres de l’association — des étudiants, des fonctionnaires et des cadres moyens — misent surtout sur le travail de proximité, mais comptent aussi sur une médiatisation optimale de leurs activités pour une meilleure sensibilisation de la population locale, leur premier partenaire, estiment-ils. «Nous avons deux axes importants sur lesquels nous nous basons pour mieux gérer nos sorties. Le premier consiste à nous rapprocher des citoyens lambda qui, eux, peuvent nous servir de support lors des campagne de volontariat. Le second c’est l’occupation des réseaux sociaux (…) d’ailleurs c’est à travers facebook que nous avons réussi à composer le noyau de l’association», a déclaré un membre du groupe.

S’agissant des moyens matériels, Nadhafa ne demande que le minimum. « Si on arrive à gagner en crédibilité et en sympathie, l’aide financière de manquera pas, nous en sommes sûrs. Des particuliers nous ont aidés financièrement  à maintes reprises, l’APC de Souk Ahras a mis à notre disposition son équipement lors de nos trois premières sorties, une entreprise étrangère implantée en Algérie nous a contactés pour l’envoi d’une quantité importante de peinture… et la suite viendra. L’essentiel, pour nous, est de médiatiser notre charte d’éthique, gagner la confiance de tout le monde et surtout de convaincre les habitants de Souk Ahras de militer pour une ville propre», a ajouté un autre membre de l’association.Nadhafa ne connaît de répit, au moment où nous rédigeons cet article, ses membres préparent une action commune avec les services de l’Office national d’assainissement (ONA) pour l’entretien des avaloirs de la ville.

Categorie(s): magazine

Auteur(s): Abderrahmane Djafri

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