Les prix sont vendus aux enchères : Nobel en vitrine, c’est combien ?

Elwatan; le Dimanche 4 Octobre 2015
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En 114 ans d’existence, le Nobel a été décerné 889 fois, récompensant les grandes réalisations en matière de paix, littérature, médecine, physique, chimie et économie. Au fil des revers de fortune et des partages de succession, une douzaine d’entre eux ont fini à l’encan. L’aubaine permet de rafler la médaille d’or et le diplôme remis avec le Nobel (en plus d’une rondelette somme) sans nécessairement avoir rendu au cours de l’année précédente «un grand service à l’humanité» comme le stipulait Alfred Nobel (1833-1896) dans son testament.

Si la paix n’a pas de prix, son prix en a un. Et il n’a pas toujours été très élevé. Le Nobel le moins cher jamais vendu aux enchères est celui du Français Aristide Briand, distingué en 1926 pour son rôle dans l’éphémère réconciliation  franco-allemande, acquis en 2008 par l’Ecomusée de Saint-Nazaire, pour 12 200 modestes euros. Celui du Britannique William Randal Cremer, auréolé en 1903, n’a guère fait mieux, adjugé 17 000 dollars en 1985. Ça, c’était avant. Les enchères ont décollé depuis, incitant un nombre croissant de lauréats ou de leurs familles à se défaire de leurs précieuses possessions.

Depuis début 2014, au moins huit médailles Nobel ont été «offertes» aux enchères. «Il y a un intérêt accru pour les découvertes et les développements du XXe siècle et le Nobel symbolise vraiment les plus grandes réussites du siècle, que ce soit en sciences, en économie ou pour la paix», explique à l’AFP le directeur international de la section livres et manuscrits de Christie’s, Francis Wahlgren. «Nous devons maintenant les traiter comme certains des objets les plus précieux auxquels nous avons affaire», ajoute-t-il.

Récemment, plusieurs Nobel de physique, chimie ou économie -— prix créé par la Banque centrale suédoise en 1968 — ont été vendus entre 300 000 et 400 000 dollars. Dans le camp de la paix, la médaille du Belge Auguste Beernaert (lauréat en 1909) a atteint 661 000 dollars, et celle de l’Argentin Carlos Saavedra Lamas (1936), retrouvée chez un prêteur sur gage, 1,16 million de dollars Mais c’est la médecine qui détient la palme des prix les plus convoités. Rare lauréat a avoir cédé sa récompense de son vivant, l’Américain James Watson, codécouvreur de la structure de l’ADN, a décroché... 4,76 millions de dollars pour sa médaille en décembre 2014, un record.

C’est plus du double que ce qu’avaient obtenu seulement 20 mois plus tôt les héritiers de son acolyte britannique Francis Crick, qui avait pourtant partagé le Nobel avec lui pour la même découverte en 1962. Au cours actuel de l’or, la distinction n’en vaut que le centième. Avec ses 150 grammes de métal 18 carats (23 jusqu’en 1979), la médaille du Nobel de la paix, qui représente le profil d’Alfred Nobel côté pile et trois éphèbes nus côté face, vaut moins de 5500 dollars. «C’est une médaille dont on ne peut estimer la valeur en raison de sa rareté», affirme à l’AFP Kjell Wessel, le directeur de la Monnaie de Norvège, qui la produit. «Il y a toujours des personnes prêtes à payer pour des objets rares. Certains ont bien acheté la veste d’Elvis ou des trucs de ce genre pour des sommes phénoménales.»
 

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