Les recettes testées n’ont pas éteint le brasier de Ghardaïa : La «feuille de route» du gouvernement est à revoir

Elwatan; le Jeudi 16 Octobre 2014
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Cette fois, c’est la ville de Berriane, à 40 km au nord de la wilaya, qui a été le théâtre de violents affrontements samedi et dimanche derniers. Hier matin, ce sont – c’est un fait inédit – des agents de la police, excédés par la persistance de la crise et la dégradation de leurs conditions de travail, qui ont manifesté devant la direction de la sûreté de la wilaya. Ils contestent aussi l’insécurité dont ils sont eux-mêmes victimes.
La résurgence de ce conflit vient, on ne peut plus clair, démontrer les défaillances de la gestion approximative et conjoncturelle de cette crise qui perdure depuis plus de 10 mois.

Le «plan Ghardaïa» élaboré par le gouvernement pendant plusieurs mois et annoncé en grande pompe, l’été dernier, s’avère inefficace. Il serait même caduc. En effet, les autorités ont testé, depuis le début de l’année en cours, plusieurs recettes afin de mettre un terme à ce vieux conflit qui s’est exacerbé ces derniers mois, faisant de nombreuses victimes. La première action du gouvernement a été la convocation, à Alger, des notables mozabites et chaâmba. Réunis à la résidence Djenane El Mithak, ces derniers ont procédé à la signature solennelle d’un «accord de non-agression». Un accord qui, au grand dam de l’Exécutif, n’a été qu’éphémère. La paix durable voulue n’a été que de courte durée.

Les événements ont vite repris, gagnant de nombreuses localités de la wilaya. Devant cette situation, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a fait plusieurs déplacements sur les lieux avant le début de la campagne électorale pour la présidentielle d’avril 2014. Mais en vain. N’ayant visiblement pas les nouvelles données sociologiques de cette région, le pouvoir puise toujours dans les vieilles solutions qui sont, manifestement, loin de combler la grosse fracture qui rend difficile le vivre-ensemble dans cette région.

Après plusieurs morts, le saccage de biens et la profanation de tombes, le Premier ministre promet, à nouveau, de fournir davantage d’efforts pour trouver une solution durable. «Je reviendrai à Ghardaïa et j’y resterai jusqu’à la résolution du problème», avait-il déclaré lors de la campagne électorale pour la dernière présidentielle. Il est retourné effectivement sur les lieux, mais pour une visite-éclair seulement.
En juillet dernier, le contenu du plan gouvernemental a été annoncé par le secrétaire général du ministère de l’Intérieur. Il portait sur la consécration d’un programme d’urgence, doté d’une enveloppe budgétaire de 2,5 milliards de dinars pour l’indemnisation des victimes, et la répartition de lotissements à bâtir.

Décidemment, cette «feuille de route» est à revoir et à corriger. Car ce ne sont plus les citoyens de Ghardaïa qui se plaignent désormais de l’insécurité. Les agents de la police chargés de faire respecter l’ordre public le font aussi. Ce qui signifie que le malaise est profond, très profond…

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Madjid Makedhi

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