Les syndicats de la santé reviennent à la charge : Les établissements fonctionnent au ralenti

Elwatan; le Mercredi 26 Decembre 2012
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Le secteur de la santé risque de connaître de sérieuses perturbations dans les prochains jours. Toutes les prémices laissent entrevoir que la santé publique en Algérie ne va pas bien. La disparité dans la couverture sanitaire prive des milliers d’Algériens des soins adéquats. La prise en charge de ces derniers dans les grands hôpitaux leur revient très cher (déplacement, restauration et hébergement), et ce, bien que les autorités algériennes ne cessent de répéter que les soins sont gratuits en Algérie.

Aux complaintes des malades s’ajoute celle des médecins et des paramédicaux. Après l’expiration de l’ultimatum accordé au ministre de la Santé et de la Réforme hospitalière, Abdelaziz Ziari, à la tête du secteur depuis 4 mois, les syndicats de la santé reviennent à la charge. Lors de la dernière conférence de presse de l’Intersyndicale de la santé publique, les quatre syndicats autonomes (SNPSP, SNPSSP, SNPEPM et Snapsy) ont accordé un délai au ministre de la Santé, en se montrant confiants en la capacité de M. Ziari de trouver des solutions aux problèmes de la santé publique. «La situation dans les hôpitaux et les centres de soins est très inquiétante», réitèrent les représentants des syndicats de la santé.

Le problème de pénurie de médicaments dénoncé à l’époque de Djamel Ould Abbès se pose toujours dans les établissements hospitaliers. La liste s’élargit aux médicaments de premiers soins, tels que les compresses stérilisées et le sparadrap.
Ni les journées de protestation organisées par le corps médical ni les grèves cycliques n’ont réussi à attirer l’attention des autorités afin d’humaniser les hôpitaux. Les cris de détresse des malades affaiblis, quant à eux, n’ont pas pu atteindre une oreille attentive qui puisse atténuer, un tant soit peu, la souffrance des patients. Aujourd’hui, les paramédicaux observent leur troisième journée de grève qui a été largement suivie à l’échelle nationale.

Ils comptent relancer d’autres grèves cycliques chaque semaine dans le cas où la tutelle ne sort pas de son mutisme. Lounis Ghachi, président du Syndicat algérien des paramédicaux (SAP), rassure du fait que le service minimum est assuré. Mais ce service peut-il répondre aux besoins des malades insatisfaits déjà lorsque tous les services fonctionnaient ? Evidemment non. «La situation qui prévaut actuellement dans le secteur de la santé profite au secteur privé.

C’est de cette manière qu’on a assisté à la destruction de l’industrie en Algérie au profit des entreprises privées», explique un cadre dans le secteur de santé. Ainsi, avant l’action des paramédicaux, les praticiens de la santé publique ont tenu une journée de grève en guise d’avertissement à l’adresse des autorités qui demeurent insensibles.
La tutelle ne prévoit aucun plan d’urgence pour sauver le secteur de la santé. Entre-temps, la Confédération des syndicats autonomes, composée de trois secteurs : éducation, santé et enseignement supérieur, a été créée. Son objectif consiste à renforcer les mouvements de revendication qui se heurtent à chaque fois contre les manœuvres et menaces de l’administration.    
 

Categorie(s): actualité

Auteur(s): Djedjiga Rahmani

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