Manifestation anti-gouvernementale en Thaïlande : Bangkok sombre dans la violence

Elwatan; le Samedi 15 Mai 2010
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Les militaires ont ouvert le feu, hier, sur les manifestants antigouvernementaux lors d'affrontements en plein centre de Bangkok, qui ont fait au moins 5 morts et 46 blessés.


En moins de 24 heures, 5 personnes ont été tuées et au moins 57 blessées, portant le bilan total de cette crise depuis mi-mars à 35 morts et près d'un millier de blessés. Trois journalistes ont été touchés par balle en couvrant les événements, un photographe du quotidien thaïlandais Matichon, un caméraman canadien de la chaîne de télévision France 24 et un autre caméraman de la chaîne câblée thaïlandaise Voice-TV. Les leaders des «chemises rouges», qui ont juré la chute du gouvernement, ont accusé le Premier ministre, Abhisit Vejjajiva, d'avoir commencé «la guerre civile» et exigé le retrait des troupes autour du quartier qu'ils contrôlent. «Je ne sais pas comment nous allons survivre ce soir si Abhisit n'est pas d'accord avec un cessez-le-feu. Nous espérons qu'il ne veut pas la guerre», a déclaré l'un des trois principaux cadres du mouvement, Nattawut Saikuar.

Les heurts ont commencé en début de matinée lorsque l'armée a tenté de progresser en direction d'une avenue tenue par les manifestants, lesquels ont «tenté d'intimider les autorités avec des armes», selon un porte-parole militaire.
Des échanges de coups de feu nourris ont été entendus à plusieurs reprises, jusqu'en milieu d'après-midi, le long de la limite sud du quartier touristique et commercial de Bangkok que les «Rouges» occupent depuis début avril. Officiellement, cependant, ces affrontements ne préfiguraient pas une opération pour déloger tous les manifestants par la force. «Les autorités ne lanceront pas pour le moment d'opération contre le site de Ratchaprasong, mais nous nous attendons à de nouvelles violences», est-il déclaré. Le ministre de la Défense, le général Prawit Wongsuwon, a indiqué pour sa part que l'opération était «destinée à faire pression sur les chemises rouges pour qu'ils reviennent à la table des négociations».

L'armée cherche à étrangler les «Rouges» sur le plan logistique dans l'espoir de réduire au maximum le nombre de manifestants, qui se retrouvent désormais sans électricité, sans approvisionnement en eau et nourriture, et sans passage des camions poubelles. En moins de 24 heures, la capitale a sombré dans un nouvel engrenage de violences, après dix jours où les négociations avaient repris le dessus. Jeudi soir, des heurts avaient déjà fait un mort et au moins onze blessés, dont un général renégat pro-rouge, grièvement atteint par balle et dans un état critique. Khattiya Sawasdipol, alias Seh Daeng, très populaire parmi les «Rouges», n'avait pas caché qu'il refusait une sortie de crise pacifique. Il est considéré comme proche de Thaksin Shinawatra, ex-Premier ministre en exil, renversé en 2006 par un putsch et icône de nombreuses «chemises rouges». «Ce qui lui est arrivé était totalement inattendu», a cependant assuré le colonel Dithaporn Sasasmit, un haut responsable de la sécurité, démentant la thèse selon laquelle le pouvoir aurait décidé de se débarrasser de lui.

L'état d'urgence, décrété à Bangkok début avril, a été étendu à 15 autres provinces du Nord et du Nord-Est, bastion des «Rouges». Dans un communiqué, l'ex-Premier ministre thaïlandais en exil, Thaksin Shinawatra, a jugé qu'une «solution politique était toujours possible pour la Thaïlande».

Categorie(s): international

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